Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Le piratage est un danger pour l’avenir de notre civilisation.

Muriel Marland-Militello, députée UMP

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

lundi 19 mars 2007 12:05

  • internet

Graffiti Research Lab, les photons de troubles

par Marie Lechner

tags : urbanisme , graffiti

Le laser tag en action - CC - urban_data

Depuis le 7 mars (et jusqu’au 1er avril), le Graffiti Research Lab (GRL), a déclaré New-York « Ville ouverte ». Les murs et les rues de la ville ont été pris d’assaut par des grapheurs, pochoiristes, taggeurs, mais également par des activistes et des performeurs urbains qui se réapproprient l’espace public de manière ludique ou critique. Une exposition au laboratoire nouveaux médias Eyebeam, dans le quartier de Chelsea, documente les actions d’une dizaine d’entre eux, et propose des ateliers dévoilant les outils et tactiques mises en place par les artistes, hackers, performeurs pour « reprendre possession de leur ville par tous les moyens ». Pour ceux qui ne peuvent se rendre dans la Grosse Pomme, le site regorge de vidéos qui retracent les actions souvent spectaculaires de ces artistes du bitume.

L’événement Open City est piloté par les hacktivistes du GRL, pionniers de l’electro-graf, un graffiti lumineux qui incorpore des circuits électroniques et des diodes électroluminescentes (LED). Ils imaginent une extension du street-art par le biais des nouvelles technologies, une sorte de graffiti 2.0 pour faire concurrence aux enseignes commerciales. Au festival Ars Electronica à Linz en Autriche, ils avaient distribué aux passants des « Throwies », petit nom donné à ces diodes fixées à des piles et des aimants. Au passage du tramway, la foule a jeté par poignée les petites lumières qui se sont collées aux wagons métalliques, transformant le tram en guirlande multicolore. Récemment, ils ont testé un nouveau dispositif à Rotterdam, le Laser Tag, qui permet de tracer des tags lumineux à distance sur des façades d’immeubles entières. Laptop et projecteurs ont remplacé les bonnes vieilles bombes aérosols, permettant de tagger les monuments sans les abîmer. Leur démarche est « open source », le GRL met à disposition le manuel et le code de toutes leurs inventions, invitant chacun à fabriquer et améliorer leurs outils.

Dans la galaxie techno graffiti, on retrouve également l’Institute for applied Autonomy, expert en « robotique contestataire » qui a construit dès 1998 le GraffitiWriter, un petit véhicule télécommandé équipé de bombes aérosols qui permet de bomber la chaussée de slogans lors de manifestations sans se faire prendre. Le StreetWriter est un prolongement industriel du précédent.

Open City accueille également des performances telles celle d’Aram Bartholl, inspiré par World of Warcraft, qui joue avec l’identité virtuelle et réelle. Dans les jeux multijoueurs en ligne, le pseudo des avatars s’affichent au-dessus de leur tête et les suit partout dans leurs déplacements. Ici, l’artiste allemand applique le dispositif aux piétons qui se baladent dans la ville, avec leur (vrai) nom qui flotte au dessus d’eux grâce à un système très low-tech de lettres accrochées à une perche (ici l’un des membres du GRL Evan Roth).

Improv Everywhere, collectif d’improvisation situ mettent en scène des actions décalées dans la ville, sur le modèle des flashmobs. Leur dernier coup d’éclat, la « No pants », 300 participants qui montent dans une ligne de métro en slip. L’an passé, les sans-culottes se sont fait serrés par les flics, mais comme se promener en sous-vêtements n’a rien d’illégal, les agents en a envoyé certains au poste pour « comportement désordonné ». Pour Open City, Improv Everywhere a semé la confusion dans le magasin d’électronique Best Buy, envahi par 80 agents revêtus d’un T-shirt bleu et d’un pantalon beige, la tenue officielle des employés du magasin, totalement déconcertés par cette invasion.

Autre expert du parasitage urbain, le street artiste Mark Jenkins qui a transformé un rond-point de circulation en manège, empalant des chevaux translucides fait de bandes de scotch sur les réverbères de la place. Plus troublant encore, ses sculptures hyperréalistes qu’il met en situation dans la ville, comme cet homme grandeur nature qui a la tête enfoncée dans le mur, ces jambes qui dépassent d’une poubelle, ou ce gars à capuche en tailleur sur la chaussée, dont il s’avère que la tête est un trou béant. Jenkins scrute les réactions des passants qu’il filme et met en ligne.

Rayon peinture, KR propose une démonstration de graffiti dégoulinant à l’extincteur sur les murs d’Eyebeam et verse de la peinture orange dans la gouttière qui vomit une grande flaque gluante sur le trottoir. La peinture orange est également celle choisie par le collectif de Detroit, Object Orange, pour badigeonner entièrement les batiments abandonnés dans la ville, façades, toitures, fenêtres. En référence non à l’agent orange, herbicide meurtrier déversé par l’aviation américaine au Vietnam, mais à une nuance d’orange (Tiggerific) de la palette de couleurs utilisée par les dessins animés Disney. Une couleur flashy destinée à attirer l’attention des gens sur la décrépitude de la ville, sur ces maisons qu’on laisse tomber en ruine au lieu de les réhabiliter.


Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

urbanisme - Liaisons urbaines

graffiti - Graffiançailles

article précédent
« Arrête de jouer », on te dit !
article suivant
Ci vit Bibliosurf.com, librairie interactive

  • Graffiti Research Lab, les photons de troubles

    22 mars 2007 20:51, par Joanna @ Eyebeam, NYC
    Bonjour, et merci pour l’article ! L’exposition a ete organise en collaboration avec Eyebeam, un centre pour l’art et la technologie. Pour savoir plus de nos projets, expos, resources pour artistes, etc. visitez www.eyebeam.org.
  • Graffiti Research Lab, les photons de troubles

    19 mars 2007 19:35, par fon373ams
    Merci pour l’article Marie ! Vraiment tres sympa tout ca !
  • Graffiti Research Lab, les photons de troubles

    19 mars 2007 17:44, par HCR
    A quand la version française ? :)
  • Graffiti Research Lab, les photons de troubles

    19 mars 2007 12:35
    Metropolis le magazine culturel d’arte a diffusé un reportage sur ce sujet le Samedi 3 Mars.

 

Loading

Outils

  • imprimer
  • écrire à Marie Lechner
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Le sac de nœuds du financement numérique
  • L’Elysée à l’abordage du Net
  • La télé tunisienne, sans transition
  • Ecrans.fr : le podcast anonyme
  • Le ménage « illimité » des opérateurs est pour bientôt

Lib.fr

  • Dépôt de matelas au Monument aux Morts
  • L'appartement de Fillon, 309 m² faits «de bric et de broc»
  • Henri Edmond Cross, une œuvre en pointillé
  • Sarkozy envisage un référendum sur les obligations des chômeurs
  • Jouez au jeu des cinq erreurs de l’argumentaire UMP

Medias

test
publicité

De saison

img75
L’Elysée à l’abordage du Net

Dans un merveilleux dessin interactif, OWNI liste les principales figures de la conquête de l’Internet par l’Elysée, et schématise leur relations en filant la métaphore de l’île déserte.


Chronophage

Q - Compressing the Heart

« Vous vous réveillez dans un monde différent, après qu’une créature étrange a volé votre cœur. »


Hum, bizarre...

img75
Les sosies sont six

Vous ne vous êtes jamais dit que votre voisin de train ou de fil d’attente ressemblait à un personnage de fiction ?


Dixit

« C’est un peu comme si vous rajoutiez des dizaines de bières sur le plateau d’un serveur : au bout d’un moment, il tombe. »


De saison

img75
L’hommage de Google à François Truffaut

François Truffaut aurait eu 80 ans ce 6 février 2012. Google en fait donc son Doodle du jour.


Vendredi, à poils !

img75
Avoir un bon copain...




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008