lundi 7 avril 2008 18:24
Grand-mère, les saucisses et la ministre
Mip-Mip, voilà les coyotes : en direct du MIP, à Cannes, en compagnie de nos deux reporters dans le monde merveilleux de la télévision.
par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos
Grand-père et grand-mère ont prévu tout un tas d’animations pour leurs trois petites-filles Axelle, Solène et Florence (Alicia, la quatrième, on ne sait pas pourquoi, est restée sur le quai avec sa mère et son père Aldric —oui, Aldric). Grand-père, un élégant foulard lové entre cou de chemise et peau tavelée, annonce la couleur : « J’ai fait enregistrer sur DVD le film du mariage de Grand-mère et Grand-père ainsi que la naissance de votre maman, on
vous montrera tout ça ». Grand-mère, elle, a prévu un atelier béton avec des galets plantés dedans. Elle a répété le nom plusieurs fois, Grand-mère, mais on a oublié, ou alors on se bouchait les oreilles, tranquilles qu’on voulait être dans le TGV entre Paris et Cannes. Faut dire que c’est toujours pour nous : le moutard qui fait des dents, le vieux qu’a le sonotone cassé et qui raconte par le détail l’année 1944 en hurlant, on les attire, sont capables de parcourir tout le train pour s’asseoir à côté de nous. Pour le retour à Paris,
Grand-père a déjà tout prévu : le Musée du patrimoine, la Sainte-Chapelle et peut-être le Roi lion, mais c’est cher, « 80 euros la place », indique-t-il. C’est pas pour dire, les filles, mais il est un peu rat votre papy sur le coup, d’autant qu’il a l’air d’avoir les moyens. Dès demain, a-t-on même cru entendre Grand-mère promettre aux enfançons, « Grand-père et Grand-mère reçoivent des amis pour une journée Georges Sand ». Wouah. Pour nous, ce sera sea, sex, sun, sex, drugs and rock’n’roll : on est au MIP TV jusqu’à jeudi. A nous les nuits cannoises passées à descendre des shots de vodka avec les moguls des médias de la planète. A nous les fêtes sans fin à deviser dividende numérique, green tv, convergence des réseaux sociaux avec la télévision par satellite. A nous les petits matins marchant dans le sable avec quelques collègues du Monde ou du Figaro à inventer une télévision idéale pendant que la Méditerranée nous léchera les orteils. Ouais bon, pour l’instant les orteils, ils sont comprimés dans des chaussures qui ont fait cinquante fois le trajet hôtel-gare maritime (pour se faire accréditer et relever nos jolies petites boites aux lettres remplies d’engageants prospectus vantant d’improbables émissions. Ainsi What would you do for just 10$ ? demande une femme, un chapelet de saucisses —crues— dans la bouche, le visage couvert de farine, et les cheveux maculés de moutarde et ketchup. Fin de la parenthèse, elle était longue, hein ?)-Palais des festivals (où nous tenterons en vain de retrouver le foutu stand de What would you do for just 10$ ?). Mais où nous n’allons pas louper le coupage de ruban par Christine Albanel. Après on ira à sa conf’ de presse. Et après on ira dîner avec elle. Vous savez quoi ? On préférerait l’atelier béton avec des galets plantés dedans de Grand-mère. Demain : comment on a fait la chenille avec Christine Albanel.
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