mercredi 5 décembre 2007 18:17
HD-DVD, Blu Ray, la haute définition ne décolle pas
tag : haute définition
CC Kaptain Krispy Kreme
Il y a un an, l’arrivée des premiers titres dans un format haute-définition (que ce soit le Blu-Ray ou le HD-DVD) n’avait pas vraiment provoqué d’hystérie collective chez les consommateurs. Des ventes timides pour les lecteurs haute définition comme pour les films, causées par une offre pauvre, deux formats concurrents, des explications peu claires et surtout un format DVD au top de sa forme, avec un taux de pénétration énorme dans les foyers et un prix de vente relativement faible. Depuis, la situation n’a pas évolué aussi bien que l’espéraient les consortiums Blu-Ray et HD-DVD. Le prix des lecteurs haute définition a baissé, et le catalogue de films commence à devenir plus conséquent. Mais par rapport au DVD, la part de la HD reste dérisoire. Malgré tout, les deux consortiums multiplient les effets d’annonce. Ainsi, aux Etats-Unis, le consortium HD-DVD s’est vanté d’avoir écoulé plus de 750 000 lecteurs de son format après le week-end de Thanksgiving. Le groupe d’industriels autour du Blu-Ray a immédiatement répliqué, annonçant avoir désormais vendu plus de 2,7 millions de lecteurs BR. Un chiffre qui prend en compte les ventes de Playstation 3, estimées à plus de deux millions aux Etats-Unis. De quoi relativiser les ventes réelles de lecteurs Blu-Ray. Du côté des ventes de films, c’est également le Blu-Ray qui prend le dessus aux Etats-Unis. Selon l’institut d’études Nielsen Videoscan, 72,6% des films vendus dans un format HD seraient en Blu-Ray. Autrement dit, il se vendrait aujourd’hui trois fois plus de Blu-Ray que de HD-DVD. Au total, 4 millions de films au format Blu-Ray ont été vendus outre-Atlantique en un peu plus d’un an, contre 2,5 millions de films en HD-DVD en dix-huit mois. Par comparaison, pour la seule semaine de sa sortie aux Etats-Unis, l’édition DVD de Transformers s’est vendue à 8,3 millions d’exemplaires. La transition vers la HD risque donc de prendre du temps. D’autant que la guerre entre les deux formats risque de durer. Selon les analystes d’Adams Media Research, la situation aura peu évolué d’ici 2012 : le Blu-Ray possédera 55% du marché de la HD, et le HD-DVD 45%. Mais surtout, les deux formats haute-définition resteront très inférieurs au vieux DVD : les ventes de films en HD, tous formats confondus, représenteront en 2012 un chiffre d’affaires de 10 milliards de dollars aux Etats-Unis, soit autant que le chiffre d’affaires du seul DVD. Une transition lente, qu’Adams Media Research impute à la possibilité de lire des DVD sur les lecteurs Blu-Ray et HD-DVD, décourageant ainsi l’achat de films en haute-définition. Mais pour Michael Bay, le réalisateur d’Armageddon et de Transformers, la raison est toute autre. Dans son forum, le réalisateur américain nomme un coupable : Microsoft, pourtant peu présent sur le marché de la vidéo, à part son offre de VoD limitée à la Xbox 360. « Microsoft ne veut la réussite d’aucun des deux formats, affirme Bay. Ainsi, ils pourront jouer les sauveurs et faire avancer l’industrie avec les films en téléchargement. [...] C’est pour ça que Microsoft donne des chèques de 100 millions de dollars aux studios afin qu’ils adoptent le format HD-DVD au lieu du Blu-Ray, qui est supérieur. Ils veulent organiser la confusion sur le marché jusqu’à ce qu’ils aient perfectionné le téléchargement numérique. »
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