Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Je rejette le terme “piratage”. Ce sont des gens qui écoutent de la musique et la partagent avec d’autres personnes.

Steve Albini, pilier du rock indépendant américain depuis 1982

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

mardi 28 septembre 2010 18:11

  • internet

Hadopi : Eh bien, il était temps !

par Andréa Fradin

tags : Hadopi , défaut de diligence dans le maintien opérationnel du dispositif de sécurisation de votre accès Internet , DDoS

Tic tac tic tac tic tac... CC BY SA Andréa Fradin

» sur le même sujet

Hadopi dévoile son mail d’avertissement

Le message type que les abonnés pris dans le collimateur d’Hadopi devraient bientôt recevoir vient d’être communiqué. L’envoi des premiers mails d’avertissement est attendu dans les prochaines 48 heures.

Attention, le mail d’avertissement va sortir ! Après des mois d’attente, de reports, et de conjectures hasardeuses, la machine Hadopi semble enfin s’être mise en marche. Demandes d’authentification d’adresses IP transmises aux fournisseurs d’accès, et, depuis ce matin même, publication du modèle des mails d’avertissement qui devraient être envoyés dans les prochaines 48 heures... Tic, tac, tic, tac : le mécanisme Hadopi est chargé et prêt à dégainer.

Authentification des IP : les FAI jouent le jeu

La mise en fonction remonte à la semaine dernière. Le 21 septembre, PCINpact annonçait la transmission des premières demandes d’authentification d’adresses IP collectées par la société tierce Trident Media Guard (TMG), chargée par les ayants droit de scanner le réseau à la recherche de violations d’œuvres protégées, aux fournisseurs d’accès à Internet. Dès le lendemain, l’ensemble des FAI confirmaient l’information, déclarant avoir reçu chacun une centaine de requêtes.

Selon les dispositions légales, Orange, Free, SFR and co bénéficient de huit jours pour donner suite aux exigences de la Haute Autorité. Un délai qui n’a semble-t-il pas été atteint ici, puisque dès le lendemain de l’annonce des premiers envois de demande d’authentification, on apprenait que la plupart des fournisseurs d’accès avaient joué le jeu, en retournant noms, adresses et numéros de téléphones, entre autres informations des abonnés visés, à la Haute autorité. Seul bémol à cette docile conciliation, sous-entendu par Numerama, il semblerait que l’un des FAI, « dont on peut imaginer qu’il s’agit de Free », ait adressé ces coordonnées sur papier, et non via la voie électronique attendue. Un procédé un brin archaïque, qui s’il s’avère peut alourdir le traitement des informations pour l’Hadopi. Une faille dans le dispositif ?

« Pas du tout », répond Eric Walter, pour qui l’option du formulaire papier est une « vérité », une « possibilité » laissée aux quelques 800 FAI que compte le pays, qui ne pose en soi aucun problème. « Tout est une question de volume », souligne le secrétaire général de l’Hadopi, qui concède que si un FAI décidait de faire un renvoi massif sur papier, cette situation serait effectivement susceptible « d’avoir un impact sur la procédure et d’affaiblir la sécurité des données ». « Si », et seulement « si », car le secrétaire général ne confirme ou n’infirme aucune information, de la même façon que Free, qui ne souhaite pas s’exprimer « à ce stade sur Hadopi ».

« Nous ne pouvons pas communiquer sur cet élément »

Au-delà de l’anecdote des imprimés, qui n’a engendré que « pure spéculation » selon Eric Walter, « nous ne pouvons pas communiquer sur cet élément » semble être le crédo de la Haute Autorité en ces temps de veillée d’armes. Nombre de requêtes envoyées aux FAI ? « Pas de communication sur ce point ». Date de l’envoi des premiers mails d’avertissement ? « Fait partie des réponses que l’on ne donne pas ». Seule information concédée sur ce point : « l’envoi des mails sera précédé d’une publication par voie de presse des textes type pour permettre aux internautes de se prémunir contre le spam et le fishing », indique le secrétaire général de l’Hadopi. Or précisément : ce modèle vient d’être publié ce jour même, en fin de matinée. Et selon les indications d’Eric Walter, le convoi des mails d’avertissements devraient suivre « dans les 48 heures ». Compte à rebours enclenché.

En marge de la mise en branle du dispositif de riposte graduée, les différentes plateformes visant à informer et orienter les usagers se mettent également en place, dans une ambiance assez tourmentée.

Ainsi le site Internet de l’institution, le tant attendu hadopi.fr, annoncé en début de semaine, n’est toujours pas en service. Pour certains, ce retard à l’allumage est à corréler aux rumeurs de projet d’attaques DDOS qui circulent sur la toile. « Rien à voir », réplique Eric Walter, qui explique que le lancement du site « n’est pas retardé, mais qu’il fait l’objet de derniers ajustements », ajoutant qu’« aucune date précise n’avait été fixée. » Quant aux menaces de DDOS, la Haute Autorité se sait assez démunie face à ces attaques si elles venaient à s’avérer, et préfère souligner « les différents appels au calme lancés dans la communauté geek ». L’institution reconnaît néanmoins « un certain intérêt pour ses serveurs », précisant que « pour l’instant, c’est assez calme ».

Même combat du côté du centre d’appel de l’Hadopi, qui compte « de six à dix personnes », et dont le numéro a été inséré sur la FAQ de Free, dans un nouvel encart intitulé « Hadopi, nos conseils ». Là encore, cette publication prématurée ne pose aucune problème à Eric Walter, qui se dit « plutôt content » de cette médiatisation de la hotline officielle : « c’est un bon moyen de préparer les opérateurs », souligne-t-il. Concrètement, ces derniers sont chargés « d’orienter » les internautes sur les mécanismes de l’Hadopi, ainsi que sur les fameux moyens permettant de sécuriser son accès à internet ; moyens qui, rappelons-le, constituent la seule garantie pour un usager de se dédouaner dans la procédure.

A ce propos, les différents critères qui permettront de labelliser certains moyens de sécurisation sont toujours à l’étude, et ce jusqu’à fin octobre. Mais pour Eric Walter, l’absence de label officiel ne pose pas de problème, dans la mesure où elle n’implique pas l’absence de moyens de sécurisation : « il faut décorréler les deux », insiste-t-il, tout en concédant savoir qu’il « faut aller vite en la matière ». « Oui, il faut orienter sur cette question, mais il existe déjà plein de moyens de sécuriser son réseau local. On va essayer de mieux les recenser et de les clarifier », explique le secrétaire général. En attendant, comment faire comprendre aux internautes sujets avant fin octobre aux premiers mails d’avertissement qu’ils disposent d’outils pour se défendre, mais que ces derniers ne sont pas tout à fait reconnus par l’Hadopi ? Une opacité difficile à dissiper, à laquelle les opérateurs du centre d’appel, ainsi que le site officiel, devront pourtant s’atteler.


Il y a 9 réactions à cet article.

Lire les réactions.
Réagir à cet article.

Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

Hadopi - « Acte II de l’exception culturelle » : le décor est planté

défaut de diligence dans le maintien opérationnel du dispositif de sécurisation de votre accès Internet - Hadopi, une autorité en matière de boulettes

DDoS - « C’est un peu comme si vous rajoutiez des dizaines de bières sur le plateau d’un serveur : au bout d’un moment, il tombe. »

article précédent
Montebourg et TF1 dans les filets de Pierre Carles
article suivant
Zoom : Budapest en 70 gigapixels


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • écrire à Andréa Fradin
  • réactions (9)
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • WikiLeaks : et mon réseau, c’est du poulet ?
  • Un clip dans ses petits papiers
  • Facebook, une entrée en bourse « préparée avec négligence » ?
  • Google-Motorola : les brevets qui valaient 12 milliards
  • Ecrans.fr, le podcast citoyen

Lib.fr

  • Fillon critique un «petit festival» de couacs au gouvernement
  • Après la manifestation, 400 arrestations à Montréal
  • Hollande est rentré de Bruxelles en voiture
  • L'UE dit oui à la Grèce dans la zone euro, mais demande plus d'efforts
  • Feuilletez le cahier Livres
publicité

Ecouter / Voir

img75
Un clip dans ses petits papiers

« Østersøen » fera moins consensus sur son style musical que ses charmants décors en papier et carton.


Chronophage

Spewer

Attention, jeu dégueu.


Hum, bizarre...

img75
Dans le secret des lieux

L’un des gouvernements les plus zélés sur Google Earth est celui des Pays-Bas, qui a recouvert d’esthétiques polygones des centaines de sites stratégiques (palais royaux, dépôts de fuel, bases militaires...)


Vidéo box

img75
Meilleurs souvenirs du net

Marco Cadioli se livre à des dérives existentielles autour du globe avec Google Earth.


Vendredi, à poils !

img75
« Ce glandeur de phoque du Groenland n’a pas de boulot »


No comment

img75
Tu sais, Brad...

« J’aime venir de temps en temps ici et regarder les avions passer. »




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008