lundi 15 juin 2009 12:25
Hadopi : « Le combat continue »
Critique, détermination et méthode Coué. Ce week-end, le gouvernement a réaffirmé sa volonté de faire passer la loi.
par Astrid Girardeau
tags : politique , médias , Loi "Création et Internet" , Hadopi
Jean-François Copé, en juillet 2007. Photo Sébastien Calvet
Alors qu’on aurait pu s’attendre à le voir faire profil bas, le gouvernement n’en finit plus de commenter la claque infligée, la semaine dernière, par le Conseil Constitutionnel en censurant la loi Création et Internet. On sait que, depuis le début, la loi est vécue comme une affaire personnelle. Pour la ministre de la culture, Christine Albanel, mais surtout pour le président de la République qui, depuis des mois, la défend personnellement en coulisses. Ce dimanche ce sont Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, et Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, qui sont revenus médiatiquement à l’attaque. « Déroutante », c’est le qualificatif utilisé par le très proche conseiller du président pour qualifier hier, lors du Grand rendez-vous Europe-1/"Le Parisien/Aujourd’hui en France, la décision du Conseil constitutionnel. « A titre personnel (...) je trouve assez curieux que le droit d’accès à Internet soit plus fortement défendu que le droit d’accès à l’eau ou à l’électricité » a t-il dit. Avant d’ironiser : « C’est une violation des droits de l’Homme et - rendez-vous compte ! - de la déclaration de 1789, dont vous vous souvenez d’ailleurs qu’Internet était une préoccupation de ses rédacteurs ». Et en 1789, ils étaient aussi occupés à couper autre chose... Invité au grand jury RTL-Le Figaro-LCI, Jean-François Copé a, pour sa part, indiqué qu’il respectait « par définition » la décision du Conseil Constitutionnel tout en indiquant : « Elle n’était pas écrite d’avance et on pouvait parfaitement et très légitimement défendre la thèse inverse ». En clair, pour le député-maire de Meaux, la séparation des pouvoirs ou l’absence de présomption d’innocence, auraient très bien pu passer. Tout cela étant une question de jeu et de « règle du jeu ». « Totalement solidaire du président de la République sur ce sujet », il s’est aussi décrit comme « militant à fond » contre le téléchargement illégal, qui signe « la mort de notre création ». Et d’ajouter « là en tant que juriste », qu’il n’avait « jamais lu nulle part que l’accès à l’Internet était un droit fondamental, au point que le droit d’auteur, de propriété intellectuelle doive s’y plier ». « Le combat continue » a t-il indiqué à plusieurs reprises. Avant de conclure : « Et d’ailleurs ça n’est que le point de départ. Car il y aura un sujet plus large qui est la régulation sur Internet. » Sur le même sujet :
« Il y aura un sujet plus large qui est la régulation sur Internet »
- Qui pour sauver Hadopi ?
- La loi Création et Internet est promulguée
- « Nous sommes des milliers de "gus dans des garages" »
- « Même le pirate jouit de la liberté d’expression »
- Hadopi au tapis
Il y a 25 réactions à cet article.
Lire les réactions.Réagir à cet article.
Partager cet article
Partager Tweet


