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mercredi 31 mars 2010 11:03

  • dvd

Halloween II : le Myers reste à venir

par Alexandre Hervaud

tag : gore

Si t’es pas joli, tâche au moins d’être poli, Michael - DR

Halloween 2, de Rob Zombie, avec Tyler Mane et Scout Taylor-Compton. Wild Side, 16€.

Sorti en octobre 2007, la relecture du mythique Halloween (1978) de John Carpenter par Rob Zombie avait plutôt déconcerté les fans. Du moins les plus intransigeants d’entre eux, du genre à hurler quand un remake suit de trop près le film original, mais à crier deux fois plus s’il a le malheur de trop s’en éloigner. Avec son remake, Zombie faisait plus ou moins les deux : certes, la trame narrative (un soir d’Halloween dans la bourgade de Haddonfield la jeune Laurie Strode et ses amis sont attaqués par le tueur masqué Michael Myers) restait similaire, mais en imaginant la jeunesse de Myers, seulement esquissée par la brillante scène d’ouverture chez Carpenter, Zombie prenait le risque de réinventer une mythologie. Une mission remplie avec un talent certain, malgré des longueurs, mais pas forcément de quoi nous faire saliver d’en voir plus non plus.

Annoncée l’an dernier avec à la réal les deux Français responsables du choc A l’intérieur (Julien Maury et Alexandre Bustillo), la suite du remake donc (et non pas remake de la suite, hum) voit finalement le retour de Rob Zombie à l’écriture et à la réalisation, l’obligation contractuelle d’un deuxième film pour les producteurs frères Weinstein étant passé par là. Halloween 2 nous arrive finalement directement en DVD et Blu-Ray, après une sortie américaine en août dernier, soldée par un accueil critique globalement mauvais et un box office potable mais pas folichon. Une guigne méritée ? On serait tenté de dire pas du tout.

DR

Que les allergiques aux flashbacks enfantins du premier film se rassurent, on ne voit que peu, voire pas du tout, de souvenirs de jeunesse du petit Michael Myers, par ailleurs incarné par un jeune comédien différent (Chase Wright Vanek a remplacé Daeg Faerch). Ce qui ne veut pas pour autant dire que le « young Michael » ne fait que de la figuration dans le film, au contraire ; lui et sa chère mère (incarnée par Sheri Moon Zombie, l’épouse du réalisateur) apparaissent régulièrement de manière onirique dans le film, comme autant de visions du tueur, obsédé par l’idée de réunir sa famille. Malgré cette saine intention, qu’on ne s’y méprenne pas : ça saigne, ça charcute, et souvent. La violence graphique frôle par instant le hardcore, on sent le Zombie remonté à bloc, pas revenu là pour déconner, malgré quelques vannes gentilles (notamment dans les 23 minutes de scènes coupées, nombreuses dans le DVD, qu’on imagine insérées dans le Director’s cut réservé au blu-ray) et des clins d’œil cinéphiles en pagaille (au Rocky Horror Picture Show, notamment).

Bande annonce

En 1996 (14 ans déjà !), Wes Craven remettait le slasher au goût du jour avec Scream, trip de cinéphile citant à outrance le Halloween originel, et déclenchant ainsi une vague de slasher pour ados bas de plafond, là où Zombie préfère clairement un traitement adulte, et le casting qui va avec (Brad Dourif, Malcom McDowell, Margott Kidder, la Lois Lane de feu Christopher Reeve et même ce rigolo de Weird Al Yankovic dans son propre rôle). Avec son jusqu’au boutisme trash, Zombie signe peut-être là le champ du cygne d’un genre qui risque de retourner à la gaudriole cynique sachant que papy Craven a signé pour un Scream 4 prévu en 2011. D’ici là, ruez-vous sur l’autre film de Rob Zombie commis en 2009, son délire animé The Haunted World of el Superbeasto, dispo en dvd UK, où le réalisateur n’hésite pas à balayer vite fait Michael Myers au détour d’une scène vrombissante :


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