Heroes : pleins pouvoirs sur les audiences
par Erwan Cario
Masi Oka dans le rôle de Hiro Nakamura - DR
Il s’appelle Hiro Nakamura. Le 17 octobre dernier, il lâche, dans une rame de métro, la phrase la plus culte de l’automne des séries américaines : « Save the cheerleader, save the world. » Hiro est un des héros de Heroes, le carton des nouvelles séries de la rentrée 2006, diffusé depuis le 26 septembre sur NBC. Cet épisode est le quatrième. La semaine suivante, l’audience a grimpé de 10% pour atteindre 14,5 millions de téléspectateurs. « Sauve la pom-pom girl, sauve le monde ». Avec un tel leitmotiv, une série ne peut pas être foncièrement mauvaise. C’était pourtant loin d’être gagné. Le pitch, d’abord, n’a rien d’exceptionnel. Un généticien indien est persuadé que l’espèce humaine est sur le point de franchir une nouvelle étape de son évolution avec l’apparition d’individus dotés de capacités surhumaines. Au même moment, aux Etats-Unis, plusieurs personnes découvrent qu’elles possèdent des pouvoirs étranges. Voler, prédire l’avenir, voyager dans le temps, guérir instantanément de ses blessures, etc. Le thème, ensuite. Les pouvoirs paranormaux sont depuis quelques années l’apanage des séries pour teenagers. Buffy, Charmed ou Smallville ont tous très bien fonctionné, mais NBC vise avec Heroes la lucrative tranche des 18-49 ans. Enfin, les influences sont tellement nombreuses (et évidentes pour la plupart) qu’on se demande comment un tel cocktail a pu prendre. Prenez l’univers Marvel, mélangez aux 4400, saupoudrez de Smallville et rajoutez quelques pincées de Lost (pour la lenteur de l’histoire et le mystère autour du « vrai » destin des personnages), et vous avez toutes les chances d’obtenir une série indigeste. Mais il faut croire que le cuistot Tim Kring, déjà « super-scénariste », en 1985 de la série Misfits of science (Superminds en France), a su faire prendre la sauce. Heroes a aussi des atouts majeurs, comme un budget de 3 millions de dollars par épisode et un casting à la hauteur (on retrouve, entre autres, Adrian Pasdar, l’inoubliable anti-héros de la série Profit, dans un rôle de politicien sans scrupule qui lui va à merveille). Mais la révélation de la série de NBC, et un de ses atouts les plus sûrs, s’appelle Masi Oka. Il incarne Hiro Nakamura, un employé de bureau de Tokyo, nourri à Star-Trek et à Spiderman, il est le seul à comprendre instantanément son pouvoir (le contrôle du temps) et se met directement à appliquer avec une ferveur quasi-religieuse la règle première de tout super-héros qui se respecte : « de grands pouvoirs amènent de grandes responsabilités » (« with great powers comes great responsability », dixit Ben Parker, le tonton de l’Araignée). Le rêve du geek devient réalité. Son personnage met en abyme le déroulement même de la série (je suis un super-héros, je dois donc sauver le monde, mais par où commencer ?) et va jusqu’à lire ses propres aventures dans un comic-book qu’il va chercher dans le futur. Les téléspectateurs français devraient profiter assez vite de Heroes. TF1 en a acheté les droits. Pas de date de diffusion précise pour l’instant : « Nous commençons à peine le doublage. Nous attendons de voir la saison entière avant de décider d’une programmation. A priori, pas avant septembre. » Les super-héros du XXIe siècle sont là, et c’est parti pour durer. Une deuxième saison est déjà signée par la NBC.
Retrouvez tous les articles du dossier Séries : un temps de mi-saison.
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A savoir
Créateur : Tim Kring
Producteurs : David Semel et Tim Kring
Année de création : 2006
Nombre de saisons (actuellement) : 1
Genre : SF / fantastique
Pays d’origine : Etats-Unis
Durée moyenne d’un épisode : 42 min.
Diffusion France : TF1
Diffusion Etats-Unis : NBC
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