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samedi 8 juillet 2006 13:05

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« Hitman : Blood Money », l’art du crime

Pour se glisser dans la peau de l’agent 47, un tueur maître du grimage et du piège, un grand pro.

par Erwan Cario

tag : pc

47 est un caméléon, un as méthodique du déguisement. ©DR

Hitman : Blood Money pour PS2, Xbox, Xbox 360, PC, Eidos, de 55 à 70 euros.

Alvardo D’Alvarde et Richard Delahunt doivent mourir. Le premier, chanteur d’opéra, répète, à l’Opéra Garnier, le troisième acte de sa pièce, où il meurt exécuté par un soldat allemand. Le second, ambassadeur américain, son plus grand fan, assiste à la répétition de sa loge. Les flics patrouillent, les gardes du corps sont sur le qui-vive. Qu’importe pour le joueur. Il est l’agent 47, le légendaire assassin chauve.

Dans tout joueur, il y a un tueur qui sommeille. Depuis six ans, la série Hitman n’a de cesse de le réveiller. On ne parle pas ici des massacres qui pullulent dans les jeux de tir, mais bien d’un acte millimétré, calculé. Artistique, presque. Pour effectuer un travail d’esthète, il faut de la méthode. Et de la patience. D’abord, se procurer l’habit. 47 est un caméléon, et une fois déguisé en garde, en infirmier ou en plombier, il aura tout le temps d’observer l’écosystème entourant sa cible. Ensuite, trouver les failles. Il y en a toujours.

Le joueur assassin entre le plus calmement possible dans l’opéra. Après avoir « emprunté » sa tenue à un membre du personnel d’entretien (petite piqûre de sédatif dans le cou), 47 rejoint en marchant tranquillement (surtout ne pas courir, au risque d’éveiller les soupçons) une des loges et se planque dans un placard. L’acteur jouant le soldat allemand passe entre deux répétitions et dépose une arme factice. Que 47 s’empresse d’échanger contre un Luger parfaitement fonctionnel.

C’est le principe même du jeu d’infiltration. Le joueur doit anticiper les actions de ses ennemis pour ne pas avoir à faire usage de la force. Car toute balle tirée est un aveu d’échec. Et si l’élimination d’une autre personne que la cible est nécessaire, la corde de piano est autrement plus classe qu’un flingue. Direction la salle des machines pour piéger le câble d’un gigantesque lustre qui surplombe la scène. Un instant plus tard, le ténor se fait descendre malencontreusement en pleine répétition. L’ambassadeur court vers la scène pour s’enquérir de son idole. Et se fait écraser par la chute d’un lourd plafonnier. Deux accidents regrettables. La signature d’un professionnel.


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