mercredi 18 mai 2011 13:12
Houellebecq : « Je remercie Wikipedia, que j’ai utilisé comme source d’inspiration »
par Camille Gévaudan
tags : Wikipédia , creative commons , livre , droits d’auteur
Jean Miélot, copiste du XVe siècle.
« Demi-victoire ou demi-échec ? », se demande Adrienne Alix. La présidente de Wikimédia France rapporte ce matin qu’une forme d’accord a été trouvée entre Flammarion et Wikipédia pour conclure la polémique sur les « emprunts » de Michel Houellebecq à l’encyclopédie collaborative. L’an dernier, l’affaire avait fait grand bruit : un article de Slate révélait que la dernière œuvre de l’écrivain, la Carte et le Territoire, comprenait plusieurs passages mot pour mot identiques à des fiches Wikipédia. Mais si l’encyclopédie est publiée sous licence libre, cela ne signifie pas que son contenu peut être copié-collé sans autre forme de procès. La licence Creative Commons BY-SA exige au minimum que l’auteur original (Wikipédia et ses contributeurs) soit cité, et que les adaptations soient redistribuées sous une licence identique. « Flammarion a d’abord argumenté sur la liberté artistique de M. Houellebecq qui aurait pu le dispenser d’identifier précisément ses « emprunts » rappelle Adrienne Alix. Ils ont également argué que les passages recopiés étaient tous « modifiés à la marge » — une toute petite marge, alors. Sans lâcher l’affaire et en tentant de se montrer conciliant, Wikimédia France a proposé « de respecter le droit de citation d’une manière simple, c’est à dire de ne pas intervenir directement dans le texte, mais d’identifier à la fin du roman les passages tirés de Wikipédia. » Le compromis prendra finalement la forme d’un court paragraphe dans les remerciements de l’auteur : « Je remercie aussi Wikipedia (http://fr.wikipedia.org) et ses contributeurs dont j’ai parfois utilisé les notices comme source d’inspiration et notamment celles relatives à la mouche domestique, à la ville de Beauvais ou encore à Frédéric Nihous. » Cette mention sera désormais intégrée à l’édition numérique du livre. « Nous n’avons donc clairement pas réussi à obtenir ce que nous souhaitions [...] mais nous estimons qu’il s’agit là d’un premier pas de la part de Flammarion, qui a su admettre que les contributeurs de Wikipédia n’étaient pas « rien » et que leur travail devait être reconnu », conclut Adrienne Alix. Elle dit espérer que ce compromis soit un premier pas « vers la reconnaissance large des licences libres par le monde de l’édition ». Sur le même sujet :
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