jeudi 30 juillet 2009 13:22
« I Love You, Man », bro-cardé
La tendre et drôle comédie « I Love You, Man », discrètement sortie en salles hier, méritait mieux qu’une distribution à la sauvette.
tag : comédie
Rush hour - DR
Alors que plus d’un mois après sa sortie, The Hangover (ou Very Bad Trip, si vous préférez) est toujours projeté dans plus de 220 salles en France, la comédie I Love You, Man, sortie hier au cinéma, doit se contenter d’une combinaison de 28 écrans, dont un seul à Paris intra-muros. Autant dire peau de balle, même si on ne touche pas les tréfonds de certains prédécesseurs en la matière, comme le tripant Hamlet 2 en octobre dernier. Si la comédie éthylo-trash de Todd Philipps mérite clairement son succès dans l’hexagone (déjà plus d’un million de spectateurs), on ne peut s’empêcher de regretter amèrement ce grand écart d’exposition entre ce road trip comique face à son touchant et drôle homologue réalisé par John Hamburg (Polly et moi). I Love You, Man est une comédie autour de ce que les américains appellent astucieusement une bromance, contraction de « bro » (pour dire pote) et « romance ». Wikipedia explicite le terme, synonyme de « man-crush », comme une relation proche mais non sexuelle entre deux hommes. Une amitié très forte donc, que le cinéma américain a régulièrement exploité dans ses comédies récentes, comme SuperBad (une bromance version teenage, certes). Dans le film, Peter (Paul Rudd), agent immobilier à Los Angeles sur le point d’épouser sa copine, Zooey (Rashida Jones), réalise qu’il n’a pas d’ami proche. Des amies, oui. Plein. Mais pas de pote du même sexe... Embarrassé à l’idée de ne pas avoir de témoin (best man) pour son mariage, il se décide à faire des rencontres masculines pour trouver la perle rare. Après plusieurs tentatives infructueuses, il se lie d’amitié avec Sydney (Jason Segel), branleur cool qui lui fera découvrir les joies des soirées tacos, de ses théories sur la masturbation et de l’art du jouer du Rush avec fougue.
Jason Segel, alias Marshall dans How I Met Your Mother, et Paul Rudd, vu dans les Grands Frères et Friends, sont vraiment potes dans la vie. Tous deux sont issus de la galaxie Judd Apatow, grand manitou de la comédie US, qui n’a pas œuvré sur le film – et vu la qualité de son prochain opus, Funny People, c’est peut-être pas plus mal, mais on y reviendra. Le film peut également compter sur des seconds rôles de qualité interprétés par des têtes connues : J.K. Simmons (Oz, Juno), Andy Samberg (Saturday Night Live, Hot Rod), Jon Favreau (Iron Man, Very Bad Things), Jo Lo Truglio (SuperBad, Délire Express) Lou Ferrigno (Hulk version TV) et bien d’autres... Mais au delà du défilé d’acteurs cool dont la seule présence peut suffire à contenter l’amateur d’humour US pas trop exigeant, le film vise juste en abordant les thématiques de la vie de couple, évitant du coup d’avoir pour principal alibi scénaristique la recherche d’un plan cul. On ne pourra donc que regretter la relative discrétion avec laquelle le film sort en France, discrétion renforcée par un accueil critique soit inexistant (Libé d’hier) soit ultra-sévère (à l’exception des connaisseurs habituels), la palme revenant à un pisse-froid du Monde, capable de pondre : « ce film ajoute à son ineptie et à sa médiocrité un moralisme et une décrépitude qui achèvent de l’enterrer six pieds sous terre. Là d’où il n’aurait sans doute jamais dû sortir. » Le genre de pique absconse à quoi l’on répondrait bien par un cinglant I hate you, man de circonstance. Bande annonce :
DR
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