jeudi 25 juin 2009 10:47
INA : il va y avoir du spot
Le nouveau site de l’institut national de l’audiovisuel s’ouvre jeudi à la pub.
par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos
Capture de la homepage de ina.fr, très pub - DR
Qui aura connu, en 1979, un brusque et inédit coup de chaud à la vision d’un couple nu enlacé, ensablé façon Burt Lancaster et Deborah Kerr vantant une bouteille de Gini, sera reconnaissant de la madeleine offerte par Emmanuel Hoog, président de l’INA. L’Institut national de l’audiovisuel met en effet en ligne à compter de demain une nouvelle version de son site d’archives qui s’ouvre désormais à la pub. Gini, mais aussi Virlux (« On aime le beurre, on choisit Virlux »), Régilait (« Le premier lait en poudre qui vous donne l’impression qu’on le boit à la campagne ») ou la monumentale langouste de Cuba (« On la pêche tout là-bas, on la surgèle dans le froid »), c’est, au total, 200 000 spots que l’INA propose sur www.ina.fr, soit la quasi-totalité des réclames françaises depuis l’apparition de la pub télé en 1968. Mais finalement, l’arrivée de la pub ne constitue que le cadeau Bonux du nouveau site. Celui-ci, qui accueille maintenant 25 000 heures de télé contre 10 000 pour la version précédente, a été entièrement recarrossé à la façon – et aux couleurs aussi – du site de partage de vidéos Dailymotion. « La huitième merveille du monde », se hausse du col Emmanuel Hoog : « En 2006, notre site était pionnier, c’était avant l’explosion de YouTube et Dailymotion, c’est un monde qu’on a contribué à défricher. » Problème, ce site grâce auquel l’INA a ouvert pour la première fois ses colossales archives au grand public, est vite ringardisé. Voilà la V2 qui passe au Flash, comme YouTube et Dailymotion, et au Web 2.0 en même temps (afin de graver pour l’éternité en commentaire, « Trop LOL » sous la vidéo du général de Gaulle). Mieux, on peut désormais exporter la moindre vidéo (du moins celles qui ne sont pas payantes) partout sur le Web. Le widget est pour bientôt et, promet-on, l’application pour iPhone attendue en septembre. Objectif affiché : doubler le million de visites enregistrées chaque mois (pour 2,5 millions de vidéos vues). « C’est notre mission de service public, indique Emmanuel Hoog, à partir du moment où on a un objet culturel, il faut l’offrir au plus grand nombre. » Et pas seulement, insiste-t-il, pour jouer sur la corde sensible de la nostalgie : l’INA a noué de multiples partenariats avec des sites de presse (dont Libération) pour fournir des éclairages historiques sur l’actualité et propose aussi des vidéos liées aux programmes scolaires. Et maintenant ? « Il y a un retour de l’histoire, explique Hoog, les chaînes ont utilisé nos archives et nos archives pourraient bien être utilisées pour faire une chaîne. » Le projet est en boîte qui verrait l’INA, certainement en partenariat avec France Télévisions, piloter cette télé exploitant les milliasses d’heures d’archives (et pas seulement Thierry la Fronde, n’en déplaise au président de la République). Paru dans Libération du 24 juin 2009
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