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mercredi 27 avril 2011 15:56

  • cinéma

« Il était une fois un meurtre », rédemption rouge morte

par Alexandre Hervaud

tag : polar

DR

Il était une fois un meurtre de Baran Bo Odar avec Ulrich Thomsen, Wilke Möhring... 1h58

Il était une fois un meurtre, deuxième film de Baran Bo Odar, 33 ans et originaire de Suisse, s’ouvre fort logiquement sur un assassinat. Une jeune fille à vélo, suivie par une voiture au milieu de champs de blé, trouve la mort après un viol. De l’acte terrible, on ne verra quasi rien : Bo Odar ne verse pas dans le torture porn graveleux ou le m’as-tu-vu choquant pour appâter le chaland. Son histoire, qui peut rappeler les polars sud-coréens dont il reconnaît l’influence, s’étale sur plusieurs dizaines d’années. Il est question de rédemption, de pulsions, de deuil.

Malgré son titre français, assez bien trouvé mais différent de l’original (Das Letzte Schweigen, soit Le Dernier Silence), Il était une fois un meurtre n’a rien d’un conte (ou alors foutrement macabre), ni d’une histoire épique à la Leone. Juste d’une relation atypique entre deux hommes brisés, l’un est pédophile patenté, l’autre soumis à des envies méprisables mais encore « innocent » dans ses actes. Quand vingt ans après le meurtre originel, un drame similaire se produit au même endroit, le complice malgré lui de l’assassin part à la recherche de son ancien compère, lui-même pisté par la police sur les dents.

Photo DR

Fort d’un cinemascope maîtrisé et d’une photographie sublime, Baran Bo Odar tire partie du best-seller de Jan Costin Wagner (Le Silence, sorti en France en 2009) qui co-signe avec le réalisateur le scénario de ce polar réussi. « À mon avis, le bien et le mal n’existent pas. Les monstres n’existent pas, seulement des hommes capables d’actes monstrueux » explique Bo Odar dans le dossier de presse. Le casting réussi, dans lequel on retrouve quelques têtes bien connues des fans de Good Bye, Lenin ! (dont Katrin Sass, qui jouait la mère comateuse), est l’un des points forts de ce long métrage tout sauf manichéen. Le jury du dernier Festival international du film policier de Beaune ne s’y est pas trompé en remettant à Il était une fois un meurtre un prix plus que mérité.

 

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