mardi 12 juin 2007 11:03
«Il s’agit de créer une nouvelle filière de remise à neuf d’ordinateurs»
Barbara Kreissler, de l’Onudi, explique le partenariat avec la firme de Bill Gates.
par Christophe Alix
tags : pc , interview , Microsoft
Barbara Kreissler est responsable du programme de l’Onudi (agence des Nations unies pour le développement industriel) mené en partenariat avec Microsoft. Elle explique en quoi celui-ci procède d’une nouvelle approche. En quoi ce projet innove-t-il?
Ce n’est pas le cas aujourd’hui?
Autre particularité, votre volonté de faire payer aux firmes cette remise à niveau...
Microsoft ne cherche-t-il pas à acquérir des clients à très bas coût par ce biais?
L’idée est de mettre en place un modèle économique qui soit à la fois rentable et durable. Il s’agit de permettre aux petites et moyennes entreprises de bénéficier d’un accès aux nouvelles technologies à un coût réduit et de créer sur place, en Afrique, de véritables filières de remise à neuf d’ordinateurs puis de recyclage quand ces derniers se retrouvent en fin de vie.
Non, les ordinateurs sont d’abord reconditionnés dans les pays donateurs puis envoyés dans les pays en développement pour y vivre leur seconde vie. Avec ce projet —dont la première expérience pilote aura lieu en Ouganda—, il s’agit de créer une nouvelle filière de remise à neuf d’ordinateurs capable de stimuler l’emploi et de développer de nouvelles compétences. Celles-ci ne demandent qu’à s’exercer puisque l’Ouganda, par exemple, forme chaque année 4 000 diplômés en nouvelles technologies qui n’arrivent pas à trouver du travail sur place en raison de l’absence de débouchés.
Oui, les petites et moyennes entreprises à destination desquelles ces PC sont destinés devront payer une somme allant de 70 à 100 dollars. C’est un prix qui permet à la fois aux entreprises d’acquérir des outils très bon marché et à la filière de se développer. Une fois obsolètes, les machines seront également recyclées avec un triage des déchets. Il s’agit de lutter contre la pollution et de s’assurer que les machines désuètes sont réellement mises à l’écart.
Les objectifs marchands existent, c’est certain. Microsoft est, et reste, une entreprise. Mais je crois que ces objectifs sont à long terme, avec des retours sur investissement très lointains. La volonté d’aider ces pays à se développer en accédant à bas coût aux nouvelles technologies prime, c’est la première des priorités : pour nous comme pour Microsoft.
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