lundi 19 mai 2008 09:13
Indiana crâne encore
Dr Jones. Spielberg redonne un coup de fouet au cinéma de papa.
par Olivier Séguret
tag : blockbuster
Indiana, un Harrison Ford en papy fort résistant. Photo Lucasfilm TLD
Hors compétition
Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal de Steven Spielberg, avec Harrison Ford, Cate Blanchett, Karen Allen, Shia LaBeouf... 2 h 03. Sortie mercredi
Autant le dire d’entrée : Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal ne nous a pas déçus. A ceux chez qui le film suscite cette attente très particulière que la saga de Spielberg (à la mise en scène) et Lucas (inventeur du personnage et producteur) a su nourrir depuis sa création il y a vingt-cinq ans, on peut affirmer que le contrat est rempli. Certes, on pouvait espérer que ce volume IV des aventures de l’archéologue baroudeur nous entraîne au-delà des conventions que ses créateurs ont eux-mêmes inventées. C’est sans doute demander l’impossible à Spielberg, dont le surmoi artiste ne prend jamais le risque de supplanter la raison du box-office : il tient ses promesses, et ce n’est déjà pas si mal. Le ride frénétique et généreux fonctionne à plein tube : le luxe de la reconstitution fifties et l’excellence des techniques se conjuguent dans ce cinéma de milliardaires sans complexe auquel le binôme Spielberg-Lucas nous a accoutumés. Flanqué d’un gommeux en Harley-Davidson (Shia LaBeouf, sorte de Fonzie à dégrossir), le flegmatique mais balèze Indiana (Harrison Ford en papy fort résistant) part en quête d’un nouvel artefact magique en Amérique du Sud. Tel est le prétexte de cet épisode qui ne propose au fond que de faire un tour insouciant à bord des nouvelles attractions du « theme park » Indiana Jones. Comme d’habitude, l’histoire se conclura par le dévoilement de vérités extraordinaires et de trésors mirobolants, qui finiront aussitôt et à jamais engloutis... Accessoirement, mais significativement, il y a à l’œuvre derrière cet Indiana Jones IV, une leçon de cinéma administrée par Spielberg à ses pairs hollywoodiens. Il fait la preuve qu’un certain film d’action à la papa peut encore en remontrer aux réalisations devenues pratiquement virtuelles, dont le cinéma à grand spectacle et images de synthèse à fait sa norme. Les scènes d’action, par exemple la longue et canonique scène de poursuite en véhicules blindés à travers la jungle amazonienne, sont à cet égard éloquentes : filmées au maximum dans la durée, avec juste ce qu’il faut de montage dynamique et en s’en remettant d’abord à des dispositifs de mise en scène. « Sinon, quand on trafique trop, ça me donne un sentiment de triche », confiait dernièrement le cinéaste au New York Times. Dans cette perspective, le Royaume du crâne de cristal peut être vu comme une révérence un poil nostalgique à un genre en péril, le baroud dont l’honore un cinéaste certes en pleine forme mais sexagénaire et dont on ne voit pas bien encore quels sont les héritiers. Les premiers Indiana revisitaient le film d’aventure classique, entre le Tombeau hindou et Gunga Din. Celui-ci revisite les premiers Indiana : malgré son inépuisable bonne humeur, c’est là le signe d’une certaine mélancolie.
Il y a 1 réaction à cet article.
Lire les réactions.Réagir à cet article.
Partager cet article
Partager TweetSur les mêmes thèmes:
Actualit
Lib.fr
Chronophage
Q - Compressing the Heart
« Vous vous réveillez dans un monde différent, après qu’une créature étrange a volé votre cœur. »
Dixit
« C’est un peu comme si vous rajoutiez des dizaines de bières sur le plateau d’un serveur : au bout d’un moment, il tombe. »
De saison
L’hommage de Google à François Truffaut
François Truffaut aurait eu 80 ans ce 6 février 2012. Google en fait donc son Doodle du jour.

