mercredi 15 juillet 2009 16:59
Infatigable Harry Potter
Sixième aventure du sorcier à lunettes.
par Bruno Icher
tags : fantastique , Harry Potter
Un ado qui lit un journal, c’est magique - DR
Harry Potter et le prince de sang-mêlé, de David Yates avec Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson… 2h32.
La marche triomphale de la saga Harry Potter force certes l’admiration, mais il est bien difficile de tenter d’en comprendre les mécanismes. Ce qui est aussi impressionnant qu’incompréhensible, c’est qu’après sept romans en forme de déferlantes planétaires, cinq films blockbusters, des coffrets DVD plus collectors les uns que les autres et un nombre incalculable de produits dérivés (depuis la paire de chaussettes jusqu’aux jeux vidéo, dont certains très réussis), la marque ne perd rien de son attrait. A l’évidence, le sixième opus va marcher dans les traces de ses prédécesseurs et, pour les producteurs qui ont d’ores et déjà annoncé que le dernier épisode ferait l’objet non pas d’un mais de deux films, rien de fâcheux ne semble pouvoir arriver au jeune sorcier. Les films Harry Potter ne sont jamais que les transpositions à l’identique des romans de J.K. Rowling. Même découpage, mêmes dialogues ou presque, peu d’ellipses et jamais un pas de côté. Rien, dans cet épisode comme dans les autres, ne varie d’un iota par rapport au roman, pas même la conclusion pourtant construite comme un sommet de suspense bien qu’elle ne surprenne personne. Ici, comme toujours, le film se charge donc, avec un soin obsessionnel, de mettre en images ce que la moitié de la planète a, paraît-il, lu et relu. Ce qui n’empêche ni l’attente fébrile des amateurs ni, probablement, un nouveau succès. Le Prince de sang-mêlé joue sur deux versants distincts. En premier lieu, la poursuite de l’histoire principale, sans surprise, dans laquelle Harry doit déjouer un complot fomenté par son ennemi de toujours, Lord Voldemort. Ce champion du mal cherche à anéantir l’école des sorciers et, du même coup, son directeur. Harry doit au passage affronter d’ignobles créatures, dont Helena Bonham Carter en goule évaporée dont les minauderies gothiques relèvent d’un Halloween de quartier. Les bastons face aux forces maléfiques donnent lieu à une palette d’effets spéciaux de bonne tenue et, comme escompté, le recours à la magie produit son effet gadget. L’autre versant du film est, ainsi que personne ne l’ignore, l’observation de l’évolution des personnages principaux. Comme Harry, Ron et Hermione, les trois acteurs ont grandi (parfois même un peu trop vite) et, en tant qu’adolescents réglementairement travaillés par leurs hormones, il était temps qu’ils commencent à se peloter en gloussant dans les couloirs obscurs du château. Accessoirement, ils font également l’apprentissage du chagrin d’amour, ce qui était assez prévisible. Publié dans Libération du 15 juillet 2009
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