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vendredi 28 mai 2010 14:15

  • cinéma

« Infectés », very bad grippe

par Alexandre Hervaud

tag : fantastique

DR

Sorti mercredi dernier sur une petite centaine d’écrans en France, Infectés (Carriers, en VO, soit « les porteurs ») est le premier long-métrage de deux frangins espagnols, Alex et David Pastor, qui font donc directement leurs débuts à Hollywood après quelques courts métrages remarqués. Si le titre peut évoquer les enragés athlétiques croisés dans les 28 jours / semaines plus tard, Infectés ne joue pas pour autant dans la catégorie du zombie movie, assumé ou non. Les Pastor signent plutôt un survival-road movie-post apocalyptique, le désastre subi étant ici l’épidémie d’un virus mortel, façon grippe foudroyante, faisant de l’homme une espèce en voie d’extinction.

Le pitch est simple : dans une Amérique chaotique façon Diary of the Dead ou Zombieland, quatre amis (deux frères et deux jeunes filles) tentent de rejoindre un coin reculé à l’abri de la contamination. Sur le chemin, pour survivre, la règle du chacun pour soi est de mise, quitte à abandonner en route un être cher après une simple toux annonciatrice du pire. Déjà plutôt convaincant en Capitaine Kirk pour le Star Trek version J.J. Abrams, Chris Pine assure dans le rôle du grand frère / grande gueule de service.

DR

Sans forcément transpirer d’une originalité folle, le film dispose toutefois d’atouts imparables, à commencer par la photographie signé Benoît Debie, le chef opérateur belge responsable de l’esthétique mémorable des Calvaire, Irréversible et autre Innocence. Grâce à lui, les Pastor arrivent à illustrer efficacement la noirceur d’un script crépusculaire, même dans les scènes en extérieurs tournées sous le cagnard du Nouveau Mexique. Le caractère hautement transmissible de la maladie permet également aux réalisateurs de faire l’économie des litrons de faux sang habituel : lors d’une scène assez traumatisante en voiture, quelques gouttes suffisent à marquer durablement (enfin, fatalement) le destin d’un des personnages. Ce qui n’empêche pas pour autant le film de réserver quelques visions chocs et craspecs, du moins dans la limite de son classement PG-13.

Aux Etats-Unis, le film est sorti en septembre dernier, quand la grippe A squattait encore les unes de journaux. Certains critiques avaient alors vu dans Infectés un sombre présage quant aux conséquences possibles d’une telle pandémie. Si l’emballement médiatique autour de la maladie s’est depuis calmé, en France comme outre-Atlantique, inutile de remiser ce film comme une vulgaire boîte de vaccins périmés : son efficacité devrait perdurer encore quelques temps.

La bande annonce :

 


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