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dimanche 7 septembre 2008 09:44

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Infinis Final Fantasy

Depuis sa naissance, en 1987, la série n’a cessé de proliférer. Trois nouveaux exemples.

par Olivier Séguret

tags : DS , PSP , jeu de rôle

Final Fantasy Crisis Core - DR

Final Fantasy VII : Crisis Core pour PSP, distribué par Ubisoft, 40 € env., F.F.Crystal Chronicles : My Life As A King, en téléchargement pour la Wii. 15 € environ, plus les suppléments et F.F. IV pour DS, Square-Enix, distribué par Ubisoft, 40 € env.

Il devient difficile de trouver les mots qui conviennent pour exprimer l’incroyable prolifération des jeux appartenant à la série Final Fantasy. L’industrie du jeu vidéo appelle franchise ou IP (pour « intellectual property », propriété intellectuelle) les séries rassemblées sous un même nom et dont l’origine provient des studios eux-mêmes, par opposition aux « licences », dérivées de produits tiers et achetées à l’extérieur (tous les jeux tirés de films, de jeux télé, de bandes dessinées ou dont les droits ont été achetés auprès de fédérations sportives, par exemple).

Depuis sa création au sein du studio japonais Square par Hironobu Sakaguchi en 1987, la série Final Fantasy est devenue la plus célèbre et la plus protéiforme des licences. Pour le métier, c’est aussi un modèle obsédant de réussite sur le long terme, et même le très long, à la courte échelle historique de cette industrie. Expliquer une telle postérité par les seuls effets d’un chef-d’œuvre de marketing ne suffit pas. Entre les suites de la saga proprement dite, dont le volume XIII est en cours de développement, les spin off, les prequels, les incursions dans le domaine du film en images de synthèse photoréalistes ou dans celui de l’anime (et sans même parler des apparitions de personnages issus du monde FF à l’intérieur d’autres jeux, tels Kingdom Hearts), on trouve aujourd’hui une grosse trentaine d’itérations labellisées Final Fantasy et on en connaît au moins quatre autres en préparation (dont une nouvelle bifurcation  : la branche « Fabula Nova Crystallis »).

Plus le temps passe, plus les épisodes s’amoncellent et plus il devient difficile de faire tenir mentalement ensemble la totalité de la galaxie FF . Peut-être appréciera-t-on dans quelques siècles ce corpus à la façon d’un Mille-et-un Final Fantasy, à un Maha­bharata de synthèse. Il y a en tout cas là-dessous matière à d’innombrables recherches intertextuelles au pays merveilleux de la virtualité. Bon courage aux sémiologues du futur. Pas moins de cinq sorties liées à la marque FF ont eu lieu depuis le début de l’été. Retenons-en trois.

Final Fantasy 7 Crisis Core sur PSP - DR

D’abord le superbe, dynamique et hérétique FF VII  : Crisis Core sur PSP, l’une des plus belles réussites de design spécifique à la console. Son hérésie tient à la rupture qu’il engage avec la tradition tactique de la série, les combats étant ici joués selon les règles indéchiffrables d’une roulette de bandit manchot sur laquelle le joueur n’a aucune prise. Le scénario s’attache, quant à lui, au personnage de Zack, qu’évoquait presque anecdotiquement l’épisode VII. On y trouve aussi l’occasion d’approfondir la psychologie du pas encore diabolique Zephiroth. Ensuite l’indispensable remake de Final Fantasy IV pour la DS. Même si c’est la troisième refonte de cet épisode et que les modifications ou augmentations restent mineures, le titre est un excellent moyen de découvrir et comprendre l’âge d’or de la saga, dont les fans tiennent cet opus, né en 1991, pour l’un des meilleurs.

Final Fantasy IV pour la DS - DR

Enfin, pour les malades les plus gravement atteints, il faut définitivement recommander la très étonnante version téléchargeable sur le WiiWare de Nintendo, et issu de la branche « Crystal Chronicles » de la nébuleuse FF  : ­My Life As A King. Ce titre, qui tambouille avec un franc toupet les registres du RPG tactique et de la simulation d’urbanisme façon SimCity, s’avère à l’usage l’une des drogues les plus violemment addictives qu’il ait été donné aux amateurs de fréquenter. Plus radical encore que Crisis Core (pas de combats visibles, plus vraiment de scénario, à peine un personnage), il est à ce jour le point limite ésotérique de la monstrueusement tentaculaire pieuvre FF.


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