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Il faudra un jour faire un Copenhague de l’internet, qu’on convoque les FAI, pour qu’ils ferment l’accès à ces sites, et on règlerait accessoirement le problème de la création artistique.

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lundi 21 juillet 2008 19:04

  • internet

Inside Wikipédia #1 : Wikilove !

par Camille Gévaudan

tags : Wikipédia , inside Wikipedia

Le logo de Wikipedia

Dans la jungle du web 2.0, fourmilière de sites communautaires gangrénés par les annonceurs, existe un réseau social un peu particulier. Une drôle de communauté dans laquelle on trouve beaucoup de quarantenaires et peu d’ados, on cite plus souvent l’Académie française que Youtube, on ne rêve pas d’étendre sa liste d’amis mais de poursuivre l’œuvre des philosophes des Lumières. Construit autour d’un projet intellectuel, universel et libre, Wikipédia est un monde à part entière. Un monde merveilleux peuplé de wikignomes, wikifées, wikitrolls, ou même de wikignolls, des êtres hybrides qui peuvent subir une mutation gnomique par fainéantise ou trollesque par leur acharnement. On y parle un drôle de dialecte. Il n’est pas rare d’entendre çà et là des énoncés aussi barbares que « Complètement pov, ça mérite plus la PàS que l’AdQ » (ce qui équivaudrait, en français, à : “Très orienté cet article, il mérite d’être proposé en Page à Supprimer plutôt qu’en Article de Qualité”) ou « J’ai vu sur ma LdS qu’une IP a reverté ma recat » (“J’ai vu sur ma Liste de Suivi qu’une adresse IP – un internaute non inscrit sur Wikipedia – a annulé ma recatégorisation”).

Toutes ces drôles de créatures semblent vivre en parfaite harmonie. Elles prônent le wikilove, un état d’esprit que chacun doit essayer d’atteindre en suivant quelques principes simples : aimer les nouveaux, encourager et remercier, oublier et pardonner, ne jamais vexer ou dévaloriser les autres... Quand elles souffrent de wikipédiholisme, une dangereuse dépendance à l’encyclopédie, elles prennent un wikibreak ou appliquent un wikipatch (dont la composition inclut 32 ko de texte brut, 1 pincée de partialité et 2 à 3 vandales tenaces) sur leur front pour redécouvrir la « vraie vie » et protéger leur équilibre mental. Les adeptes du wikipeace-and-love ont même créé des lauriers et étoiles à décerner aux contributeurs méritants, pour garder l’envie et la joie de travailler ensemble sur la grande encyclopédie.

Mais dans la réalité, les couronnes et les fleurs passent un peu à la trappe. Personne n’a le temps de s’auto-congratuler dans cette communauté joyeusement bordélique dont le quotidien est fait de guerres d’édition, extermination de vandales, casse-têtes juridiques, conflits et interminables procédures.

Ecrans.fr s’invite à l’intérieur de Wikipédia et vous propose d’aller voir comment un projet aussi pharaonique peut fonctionner au quotidien. Pour y arriver, pas besoin d’être un espion ou un pirate : Wikipédia est transparent. Toutes les discussions entre administrateurs, tous les grands débats internes, toutes les petites guéguerres sont accessibles à tous. Il suffit juste de regarder. En essayant de ne pas s’y noyer.

Dans le prochain épisode : Au feu !

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