vendredi 1er février 2008 17:47
Internet chute dans la Méditerranée
tags : téléchargement , géographie
Carte des connexions sous-marines entre l’Europe et l’Asie. © Asia Netcom
Parfois, l’accès à Internet ne tient qu’à un fil. Ou à un ou deux câbles. De nombreux pays d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient et du continent asiatique en font les frais depuis deux jours, depuis que deux câbles sous-marins ont été coupés accidentellement le 30 janvier en pleine mer Méditerranée. Les deux câbles intercontinentaux (l’un va de Londres jusqu’au Japon, tandis que l’autre fait la liaison entre Marseille et Singapour) assuraient une bonne partie de la connectivité réseau de nombreux pays. Selon les analyses de l’entreprise spécialisée Renesys, on trouve l’Egypte, le Pakistan, l’Inde parmi les pays les plus touchés par la coupure, mais aussi le Bangladesh, l’Algérie, la Syrie, le Liban, les Emirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite, les Îles Maldives... La coupure n’est cependant pas totale : un troisième câble intercontinental assure encore la liaison pour les réseaux téléphoniques et Internet. Pour autant, ce troisième câble ne règle pas la situation. « Maintenant que deux des câbles sont coupés, tout le monde va utiliser le troisième, expliquait à l’AFP Mohammed Taymur, le porte-parole du ministère égyptien des télécommunications. Mais il n’y aura jamais assez de bande-passante pour tout le monde. Les internautes devraient apprendre à se servir d’Internet. Les gens qui téléchargent de la musique et des films vont empêcher de travailler les entreprises qui ont plus important à faire sur le net. » Les centres d’appels (pour les hot-lines et autres services d’assistance, notamment), qui, pour économiser les coûts, sont de plus en plus souvent installés en Inde, sont également fortement affectés par la coupure, puisque la liaison avec l’Europe passait en partie par les câbles coupés. La raison de la coupure simultanée des deux câbles (qui a eu lieu à environ 8 kilomètres au Nord des côtes égyptiennes) reste encore inconnue. La réparation, très coûteuse tant en argent qu’en moyens, risque de prendre plusieurs semaines. Et de tels événements sont appelés à se reproduire à l’avenir. Selon Todd Underwood, le vice-président de Renesys : « C’est tout simplement une question d’argent. Combien voulons-nous payer pour un réseau solide ? Les entreprises ont l’habitude de penser qu’Internet est un réseau instable, et elles trouvent moins coûteux au final de faire avec. » Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que ce genre de coupure a lieu. Au printemps dernier par exemple, des pêcheurs vietnamiens avaient failli couper toutes les connexions Internet du pays en voulant récupérer le cuivre des câbles sous-marins.
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