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mercredi 30 avril 2008 11:00

  • cinéma

« Iron Man », la forge tranquille

Mâle masqué. Nouvelle adaptation d’un comics qui remplit le contrat, sans plus.

par Sébastien Delahaye

tags : bande dessinée , geek , heroes , super-héros , comics

Iron Man, équivalent Marvel du Batman de DC Comics, version boîte de conserve. Photo The Orphanage

Iron Man, de Jon Favreau, avec Robert Downey Jr., Jeff Bridges, Gwyneth Paltrow... 2h05.

Le croiriez-vous ? Il y a des super-héros qui n’ont pas encore eu droit à leur film. Après Batman, Spider-Man, Hulk, Superman, les X-Men, Daredevil, les 4 Fantastiques, Ghost Rider, le Punisher (et on en oublie sûrement) et en attendant Thor, le nouveau Hulk, les Watchmen et Captain America, c’est donc au tour d’Iron Man. Lequel, dans la cosmologie Marvel (éditeur des comics et producteur du film), est à part : c’est le seul totalement dénué de super pouvoirs. Il ne doit sa qualité de super héros qu’à l’armure robotique qu’il s’est fabriquée pour faire régner sa justice. Un être humain, somme toute, qui pourrait ressembler à Batman ou aux Watchmen (dans l’univers DC Comics, le concurrent de Marvel). Iron Man, c’est Tony Stark. Milliardaire, inventeur de génie, séducteur professionnel, cynique marchand d’armes. A l’écran, Robert Downey Jr, qu’on a connu nettement moins réservé. Dans les comics, il est aussi sévèrement alcoolique et dépressif chronique. Un rôle fait pour Downey Jr, donc. Sauf qu’ici, point de délire éthylique, à peine le verra-t-on s’avaler un ou deux verres... Comme tous les films récents de super héros (et la série télé Heroes, autant dire qu’on en a soupé), Iron Man parle des débuts du héros, avant ses soucis avec la boisson. Grosse erreur : c’est du coup la période la moins intéressante du personnage. Ici, Iron Man préfère la caféine. Quant à Bob Jr, pour s’occuper, il passe la moitié du film en marcel pour arborer ses tout nouveaux muscles.

Iron Man, honnête divertissement, manque parfois de saveur tant il ressemble à Batman Begins : le milliardaire qui tourne justicier, l’ancien mentor qui devient sa Nemesis... On reprend les thèmes mythologiques et on les recycle, avec un peu de chance ça ne se verra pas trop. Ici, Downey Jr se transforme en Iron Man après un sacré coup de pas de bol : blessé par une de ses bombes, capturé en Afghanistan... il ne s’échappe que grâce à son génie d’inventeur (et au bienvenu sacrifice de son bien gentil compagnon de cellule). Et revient dans la mère patrie juste à temps pour se rendre compte que son associé (Jeff Bridges, chauve et barbu, donc méchant) vend des armes aux terroristes en plus de vouloir sa mort.

La poignée d’autres personnages (Terrence Howard et Gwyneth Paltrow, mais oui, ils sont là, leur nom est sur l’affiche) ne sert au mieux que d’excuses au scénario. Mais comme d’autres éléments (l’apparition en fin de film du SHIELD, organisation dédiée aux super héros), leur présence prouve la fidélité du film aux comics. On remarquera que, comme d’habitude, les ennemis d’origine (de vilains communistes) ont été remplacés par des méchants plus modernes. Faute de mieux (l’Axe du mal peinant à se renouveler ces temps-ci), des terroristes afghans et un classique génie du mal. Le principal intérêt du film semble se trouver dans l’armure elle-même et dans les scènes d’action. Et de ce côté là, le film se débrouille très correctement : la scène de pose de l’armure réalise un fantasme quasi érotique pour geeks robophiles et fans des Chevaliers du Zodiaque. Au risque d’être un poil longuette et sans intérêt pour les autres. Les scènes d’action, bien rythmées, font leur boulot malgré un maigre enjeu : contre quelques soldats armés de Kalachnikovs, contre un tank russe ou contre un camp terroriste, Iron Man survole les débats. La scène finale, avec ses deux personnages en armure, laisse imaginer ce qu’aurait pu être un film Transformers moins raté. On retiendra le dogfight entre Iron Man et deux avions de chasse américain : effrayé par cet ovni qui vient de raser un camp terroriste, l’état-major américain tente d’abattre l’armure volante. Un avion en moins plus tard, on le laisse tranquille.


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