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mercredi 17 septembre 2008 08:43

  • cinéma

« Irrésistible » & « Max la Menace »

Mine de rien, le Publicis Cinéma des Champs s’est acquis ces temps-ci une distinction cinéphilique. Exemple de la semaine : Irrésistible.

par Bayon

DR

Mine de rien, le Publicis Cinéma des Champs (seul rescapé du triangle d’or drugstorien) s’est acquis ces temps-ci une distinction cinéphilique : celle de ciné-club du fantastique. Là, l’amateur parisien déniche chaque semaine les bizarreries hors circuit, horrifiques ou malsaines, qui font le sel de l’ordinaire cinématographique.

Exemple de la semaine : Irrésistible.

Soit un navet fleuri (aux hibiscus, motif d’une robe de première importance dramatique), thriller sitcom ou psycho-vaudeville d’art et essai austral.

Filmée lisse, l’atmosphère névrosée à la Blue Velvet qui fait l’essentiel d’Irrésistible est féminine ; coup d’essai d’une cinéaste locale avec deux femmes en têtes d’affiche.

Une executive woman canon (l’animale, limite tarée, Emily Blunt) fait une fixette sur une mère de famille prospère (Susan Sarandon), épouse d’un architecte informe (Sam Neill, aux airs de James Mason) ; épouse qui en retour se braque sur la première ; quel secret lie ces deux femmes ?

A priori en bonne place, entre Jodie Foster et Robin Williams, dans notre tableau de pet hates (aversions fétiches), Susan Sarandon se révèle excellente dans le rôle-titre gênant.

Tapée avec de beaux restes, yeux globuleux sous tifs de folle de Chaillot, elle réussit parfaitement à donner corps à son personnage piqué d’artiste au foyer en panne, censément inquiétante à faire peur, horripilante en regard de son étrange amie lascive. Jusqu’au happy end twisté qui résoudra tout cela - à un ou deux « rangements » près…

Irrésistible - DR

Au détour des scènes d’« Hi hi, c’est pas mon canif ! » ou du « cône de silence », asticotées de dialogues à tics, on retrouve le créateur typé des Producteurs, Mel Brooks, « conseiller » évident du déjà-vu Max la Menace d’appoint du jour.

Genre de Notre homme SAS 117 et bottes de cuir, la chose s’en tire paradoxalement bien (la salle applaudit) en n’étant qu’à peine parodique, finalement alignée espionnage standard sérieux.

Dans le rôle, démarqué d’Austin Powers & co, du Bond sans silencieux, le débutant vétéran Steve Carell (40 ans et toujours puceau), alias Maxwell Smart, rond de cuir du « Kontrol ». Mi-Pee Wee, mi-Pierre Etaix, cet idiot futé rescapé de l’éléphantiasis suit un profil bizarre. Dans la peau de l’ennemi, « Kaos », Terence Stamp, assez HS. Entre, quelques gags et trucs : le couteau suisse lance-flammes-arbalète à fils de toile d’araignée, dans la tradition des gadgets 007, n’est pas mal ; le yéti au cœur serré non plus ; le plan d’enculage encastré au placard, entre agents doubles de bonne compagnie (habillés), est bien foutu.

Paru dans Libération le 16 septembre


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