mercredi 29 juin 2011 10:29
J’te présente ma série !
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The Playboy Club, grrrrrrrrr - Photo CBS
Il y a deux façons d’apprécier les annonces de grilles de rentrée des chaînes américaines. Celle qui consiste à noter de manière quasi mathématique la redisposition des cartes (changement d’horaire des séries conservées, jours choisis pour les nouveautés, nombre de programmes inédits produits). Certes important, mais pas très drôle. L’autre revient à « fictionnaliser » tous ces bouleversements en les appréciant comme autant d’éléments d’une sorte de télé-réalité à l’échelle hollywoodienne. Tout y est : l’arrivée d’éléments prometteurs habilement teasés par leurs producteurs, les come-back de vieilles gloires, sans parler des départs imprévus de chouchous qui nous avaient plu la saison passée. C’est le cador que tout le monde s’arrache, le mec qui sait tout faire, le Raphaël de Koh-Lanta du scénar : J.J. Abrams. Le cocréateur de Lost a beau être encore crédité producteur exécutif au générique de la série Fringe, on doute que son emploi du temps chargé - son sympathique Super 8 sort en salles le 3 août - lui laisse le temps de peser sur la direction du show. Et tant mieux, peut-être, tant sa dernière production télé en date, Undercovers, était ratée. Ce sous-Mr & Mrs Smith avec pour héros un couple d’espions débuté en septembre 2010 avait d’ailleurs été annulé au bout de 12 épisodes. On imagine la honte du petit Jeffrey Jacob alias J.J. face à un bide pareil, et son envie d’en découdre à la rentrée 2011 avec ni un ni trois, mais bien deux productions ambitieuses : Person of Interest et Alcatraz. Le premier exhume un des acteurs de Lost (Michael Emerson, alias le fourbe Ben) qu’il propulse dans un univers mystérieux aux côtés d’un acteur de cinéma (Jim Caviezel). Le deuxième exhume un des acteurs de Lost (Jorge García, alias le balèze Hurley) qu’il propulse dans un univers mystérieux aux côtés d’un acteur de cinéma (Sam Neill). Bon, on exagère, les shows n’ont rien à voir : un ex de la CIA embauché par un milliardaire pour des missions secrètes dans Person of Interest, des prisonniers assassins qui voyagent dans le temps pour Alcatraz. Les premiers échos sont bons : selon le site Pure Médias, TF1 aurait d’ores et déjà acheté les droits de deux séries.
Featurette de Person of Interest
Trailer de Alcatraz
Quand une recette a fait ses preuves, pourquoi s’en priver, quitte à pâtir de la comparaison (on appelle ça une X Factor dans le milieu) ? Prenez le succès de Mad Men, la série sur des publicitaires nicotinés qui cartonne sur la chaîne AMC. Son ambiance sixties et son casting féminin aphrodisiaque ont inspiré deux networks, ABC et CBS, qui dégaineront respectivement Pan Am (le quotidien d’un équipage d’avion, avec la mignonne Christina Ricci) et The Playboy Club (la vie mouvementée de bunnies dans un club de Chicago, avec la bombe Amber Heard). Même époque, même générosité en terme de pin-up, même ambiance tabagique : on a vu pire comme ingrédients.
Trailer de Pan Am
Preview de The Playboy Club Toujours au rayon « déjà-vu », Apartment 23 repose sur le gimmick de la star jouant son propre rôle avec autodérision. L’an dernier, Matt LeBlanc, éternel Joey de Friends, s’y collait dans la comédie Episodes. En 2011, c’est James Van Der Beek, rescapé de Dawson, qui écorchera son image de star pour midinettes.
Trailer de Apartment 23
N’oublions pas nos tympans avec les conséquences du succès de Glee : parmi elles, la série musicale Smash, produite par Spielberg et achetée par TF1, qui verra une troupe sévir sur Broadway dans un hommage à Marylin Monroe.
Preview de Smash Comme Loana, il est des emblèmes voués au repos que l’on voit pourtant ressurgir au hasard d’un zapping. Depuis déjà plusieurs saisons, les chaînes semblent convaincues des bienfaits du lifting de séries poussiéreuses, plus souvent pour le pire (K2000) que pour le meilleur (Battlestar Galactica). Si les réactions désastreuses des tests sur le public nous ont épargné un retour de Wonder Woman, pourtant chapeauté par David E. Kelley (Ally McBeal) et annulé avant même son lancement, la résurrection des Drôles de Dames est hélas une réalité. A la production de ce come-back, on retrouve Drew Barrymore, déjà impliquée au même poste (et devant la caméra) dans les deux versions ciné de la série sorties en 2000 et 2003. Ces relectures réalisées par McG avaient l’avantage d’avoir un casting de choix (Cameron Diaz et Lucy Liu aux côtés de Barrymore) et proposaient des scènes d’action dantesques grâce à un budget démesuré. Economie télé oblige, la distribution comme la facture visuelle de ces Charlie’s Angels 2011 n’auront pas la même envergure, d’autant que la série est supervisée par les créateurs de Smallville, dont on ne se remet toujours pas.
Trailer de Charlie’s Angels Ce sont les derniers du rang, un peu freaks, souvent maltraités par leurs concurrents et qui parviennent toutefois à rafler la mise (au passage, Magali Vaé, tous nos vœux pour le bébé et l’album, enfin surtout le bébé). Les séries d’animation ont un peu ce rôle-là. Si l’on oublie les sempiternelles têtes de gondole (l’increvable trinité Simpson, South Park et les Griffin), le domaine reste principalement trusté par des shows pour gamins ou des efforts confidentiels. Le pari de la Fox pourrait changer la donne, puisque deux comédies animées renforceront sa grille l’an prochain : Napoleon Dynamite, adapté du film culte éponyme de Jared Hess sur les errements d’un ado nerd en rase campagne, et Allen Gregory, ovni créé et incarné par Jonah Hill (le grassouillet hilarant de SuperGrave) sur les mésaventures d’un célèbre surdoué de 7 ans forcé d’aller au bahut avec des camarades de son âge.
Trailer de Napoleon Dynamite
Trailer de Allen Gregory A notre tour de passer au confessionnal : l’humour geek et gras promis par ces deux projets reste de loin ce qui nous titille le plus pour le millésime 2011-2012. Paru dans Libération du 28/06/2011 Bonus : L’article ne présente qu’une fraction des nouveautés séries US de la rentrée prochaine (il fallait faire des choix), beaucoup d’autres seront présentées, on peut conseiller de jeter un œil aux exemples visible dans le dossier d’Allociné sur la question notamment. Et on s’en veut presque de ne pas avoir citer les initiatives prévues du côté de HBO, comme ce prometteur Luck avec Michael Mann à la production et un casting hallucinant sur fond de course de chevaux :Tête de winner
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