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lundi 16 mars 2009 16:41

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Jean-Marc Pillas, de TF1 : « Prendre en compte la critique »

Le journaliste Jean-Marc Pillas, à l’origine de l’initiative, décrit sa nouvelle fonction.

par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos

tags : interview , TF1

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Un site maison permet aux téléspectateurs de passer au crible l’info de la chaîne. La Une propose aux spectateurs-surfeurs de dialoguer sur un site Web.

Jean-Marc Pillas est grand reporter à TF1 depuis vingt-cinq ans. Il a démissionné de la Société des journa­listes pour éviter les « conflits d’intérêts » avec sa nouvelle fonction.

De qui vient l’idée de La rédaction vous répond ?
De moi. Ça faisait six mois qu’elle avait germé. Je me disais qu’il n’y avait pas de relation entre la rédaction et le téléspectateur. L’idée c’est de prendre plus en compte le téléspectateur, ses critiques, que ce soit sur l’information elle-même ou sur le traitement. J’ai rencontré Jean-Claude Dassier, directeur de l’information et Catherine Nayl, directrice de la rédaction, qui ont tout de suite été d’accord. Pour l’instant tout le monde est plutôt content.

Quelles sont vos conditions d’indépendance ?
J’ai demandé à Jean-Claude Dassier quelle était sa tolérance à la critique. Illimitée, m’a-t-il répondu.

Comment êtes-vous accueilli par la rédaction ?
Physiquement, je suis à l’intérieur, au milieu de la rédaction, j’ai des relations amicales et de confiance avec les journalistes. Pour l’instant tout le monde joue le jeu et les gens acceptent cette critique. C’est un outil pour faire des ajustements sur le fond et la forme des journaux. Mais ce n’est pas un exercice facile, j’ai un rôle de températeur et de modérateur. C’est certain que sur des sujets très sensibles comme Florence Schaal [journaliste licenciée après avoir annoncé par erreur la mort d’un jeune garçon, ndlr], je n’aurais rien fait sans consulter la direction.

Comment sélectionnez-vous les messages que vous publiez sur le site ?
Je regroupe ceux qui parlent de la même chose. Il y a beaucoup de répétitions. Il y a aussi des choses inintéressantes. Un internaute m’a envoyé deux pages sur sa relation à Dieu ! Je ne publie pas non plus les messages insultants. Mais j’ai publié des mails qui nous soupçonnent de connivence et j’y ai répondu.

N’est-ce pas difficile de défendre les choix éditoriaux du 13 heures de Jean-Pierre Pernaut ?
Bizarrement, il y a très peu de critiques sur le journal de Jean-Pierre Pernaut, même si j’ai 15% de mails me demandant l’adresse du sabotier qu’ils viennent de voir... Le public de Jean-Pierre Pernaut ne correspond pas forcément à celui des internautes.

Pensez-vous pouvoir faire changer le traitement de l’info ?
La direction de l’info est intéressée par cette rubrique car ça fait remonter la vision des téléspectateurs. Dans ce sens, ça peut l’influencer. Je vais faire aussi tous les quinze jours un compte rendu à la hiérarchie avec des éléments statistiques. Et vous n’êtes pas encore sous anxiolytiques ?
Pas du tout !


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