jeudi 17 novembre 2011 10:51
Jean-Pierre Pernaut : au piquet !
par Mourad Guichard
Photo Alan Levine, CC BY
De notre correspondant à Orléans
Quelle bande d’ingrats, ces enseignants orléanais… On leur offre Jean-Pierre Pernaut sur un plateau, et ils font la fine bouche, minaudent. Pour finalement refuser, en bloc, d’accueillir le journaliste vedette pourtant venu assurer aujourd’hui la promotion de l’honorable Fondation TF1 « qui a pour but principal de lutter contre les différentes formes de discrimination dans les métiers de la communication ». « Nous préférons recevoir des gens un peu plus nourrissants, comme Stéphane Hessel ou Raymond Aubrac, tranche sans détours Pascale Nogues, professeur au lycée Benjamin-Franklin. Quant à l’idée de parler de l’intégration des jeunes vivant dans les zones sensibles avec un journaliste de TF1, nous la trouvons peu séduisante. Pernaut, dont on connaît les accointances avec l’actuel gouvernement qui supprime des postes dans l’Education nationale, ne nous semble pas le plus qualifié. À vrai dire, l’opération sent l’incohérence et l’hypocrisie. » Le proviseur, contacté par TF1 parce qu’un autre lycée avait décliné la proposition, marque aussi sa distance : « La proposition de TF1 est arrivée comme un cheveu sur la soupe, un mercredi en fin d’après-midi. Nous n’avons pas l’habitude de sauter sur ce qui brille… » Un autre enseignant tempête : « Et Hortefeux, et Guéant, tous les amis de monsieur Pernaut, ils en pensent quoi des zones sensibles ? » Après les refus successifs des lycées de centre-ville, le service des relations extérieures de TF1 s’est tourné vers le lycée Voltaire situé dans le quartier populaire de La-Source. Et là, nouveau revers pour le présentateur du 13 heures de la Une, malgré la présence d’un BTS communication. « Dans un premier temps, on s’est dit "pourquoi pas ?" rapporte Francis Triquet, le proviseur. Après réflexion, et compte tenu de l’image que véhicule TF1, nous avons décliné, estimant que la dimension commerciale de leur démarche prenait le pas sur le bénéfice que pourraient en tirer les étudiants. » Heureusement pour Jean-Pierre, « la journée de proximité » ne se résume pas aux seuls enseignants réfractaires. Il pourra, plus sereinement, cet après-midi, rencontrer des lecteurs de la République du Centre, dédicacer son Almanach des régions 2012, déjeuner avec les partenaires locaux et assurer un direct sur France Bleu Orléans. Paru dans Libération du 15 novembre 2011
Il y a 8 réactions à cet article.
Lire les réactions.Réagir à cet article.
Partager cet article
Partager Tweet


