Jeu «Call of Juarez» : l’artillerie lourde contre les internautes
Des présumés pirates menacés de procès.
tags : pc , piratage , vie privée
Depuis fin mars, un peu plus de 5 000 internautes français ont reçu un courrier d’Elisabeth Martin, avocate au barreau de Paris. Dans l’enveloppe une lettre menaçante les enjoignant à payer 400 euros fissa, sous peine de procès. Selon l’avocate, ces internautes ont téléchargé illégalement le jeu vidéo Call of Juarez, sorti l’an passé sur PC, et l’ont rendu disponible pour d’autres. L’internaute ayant reçu le courrier risque une «assignation sur plainte pour contrefaçon» s’il ne règle pas les 400 euros demandés, presque dix fois le prix du jeu. Problème: le courrier précise que le présumé pirate a été identifié grâce à son adresse IP, un identifiant de connexion attribué par le fournisseur d’accès (FAI). Or un tel relevé ne peut être fait que par les autorités publiques et les sociétés de gestion de droits d’auteurs, et uniquement avec l’autorisation de la Cnil. Ici, c’est l’entreprise suisse Logistep AG, spécialisée dans la lutte contre le piratage, qui a relevé les adresses IP en septembre. Logistep a ensuite contacté Techland, le créateur polonais du jeu, qui a alors engagé Elisabeth Martin. Le 22 janvier, une ordonnance du tribunal de grande instance de Paris a obligé huit FAI à communiquer les identités des internautes correspondant aux adresses IP relevées. Le site Ratiatum.com, qui a révélé l’affaire, s’interroge sur la légalité du procédé employé. Sur le site, un avocat conseille de «ne surtout pas répondre à la lettre et de faire le mort».
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