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lundi 14 décembre 2009 00:44

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Jeux ne veux pas travailler, édition 2009

par Camille Gévaudan, Erwan Cario

tags : flash , Palmarès Ecrans.fr

Vous avez du travail, nous avons la solution...

Cette année 2009 a été riche au niveau des jeux web. Des nouveaux titres chaque jour et, parmi eux, beaucoup de perles. Cette effervescence créative permet des expériences, des inventions et l’apparition de nouvelles mécaniques de jeu. Seul (mais gros) point noir, un modèle économique encore incertain basé sur la gratuité totale pour l’utilisateur. On commence à voir certains de ces jeux adaptés sur iPhone, mais ce sont encore des cas isolés.

Ecrans.fr a chroniqué ces jeux durant toute l’année dans sa rubrique « Chronophages ». Plus de 180. Et on s’est permis un petit calcul. En fonction des audiences, et si on considère que la grande majorité des internautes joue au bureau pour une petite demi-heure de moyenne (on est large), les jeux chronophages d’Ecrans.fr ont fait perdre en tout plus de 720 000 heures de travail. Ne nous remerciez pas.

Voici donc notre palmarès 2009 des « Jeux ne veux pas travailler » :

Prix Pixel : Small Worlds

Small worlds est le vainqueur d’un concours de jeux sur le site Jayisgames. Et c’est mérité, tant son concept et sa réalisation exploitent avec brio le thème imposé : « Explorer ». En réalité, on ne peut même pas vraiment l’appeler un jeu. Il n’y a ni consignes, ni ennemis, ni énigmes, ni aucun élément avec lequel interagir à l’exception du décor. Constitué de quelques pixels géants au début, il se dévoile progressivement et révèle sa complexité au fil des déplacements du personnage. Les gros carrés bleus deviennent des cascades, les blancs en mouvement se transforment en neige, et les murs qui entourent le schématique bonhomme se révèlent n’être qu’une portion d’un gigantesque labyrinthe.

Prix du petit vélo : Icycle

La prochaine période glaciaire s’est installée. La Terre est gelée, l’humanité est éteinte... ou presque. Il reste un bonhomme qui, tout nu sur son vélo, suit une mystérieuse piste de bulles de savon dans l’espoir de retrouver un lieu plus accueillant. Criiii, criii, criii... La bande sonore est saisissante : le grincement de la bécane en stéréo, les hostiles courants venteux, le craquèlement des glaces, et (surtout) le petit cri désespéré qui accompagne les fréquentes chutes dans le vide... Flèches gauche et droite pour gérer la vitesse, flèche du haut pour sauter. C’est tout simple, et pourtant le jeu est loin d’être facile. Surtout au niveau 6, qu’on recommence une quinzaine de fois sans broncher pour ne pas abandonner le petit monsieur frigorifié à son sort. Icycle est une réussite.

Prix de la princesse écrasée : Crush the castle et la version Players Pack

Des princesses, des rois, et quelques gardes dans un château. Et des grosses pierres à balancer à grands coups de trébuchet pour les dégommer joyeusement. Crush the castle, qui porte bien son nom, n’est donc pas bien compliqué. Un clic pour lancer le mécanisme, un autre pour relâcher les projectiles et vlam ! Seul petit regret, on trouve le tout un poil trop facile. Il permet aussi aux joueurs de créer leur propre niveau. Et les joueurs l’ont fait. Crush The Castle Players Pack compile donc les niveaux les plus originaux créés à partir du premier jeu, mis en scène comme un nouveau jeu indépendant. Pas mal de belles choses au programme.

Prix hémoglobine : Vox Populi, Vox Dei

Ninja et poésie. Violence et tristesse. Amoureuse et loups-garous. Sang et pleurs. Vox Populi, Vox Dei est un jeu atypique naviguant entre action, réflexion et contemplation dans un décor en gris et rouge. Chaque nouvel écran remet les compteurs à zéro. Pour sauver la petite chose rose dont le héros est épris, il s’agit parfois de massacrer les ennemis dans des cascades de pixels sanglants, d’autres fois de se cacher pour les éviter, de réfléchir à un moyen d’atteindre la sortie ou simplement de fuir. L’atmosphère est prenante, et on se surprend a être réellement ému par la fin de l’aventure. C’était court, beaucoup trop court. Mais l’écran promet : « To be continued... »

Prix Puzzle : Continuity

Au début, on n’est pas sûr de comprendre le fonctionnement du jeu. Les différentes vignettes se déplacent grâce aux touches fléchées, à la manière du jeu de taquin. Et après ? Après, on découvre comment « rentrer » dans une des vignettes, déplacer le personnage, lui faire ramasser une clé rouge pour ouvrir la porte et passer au niveau suivant. Puis on apprend à naviguer de vignette en vignette, on comprend avec émerveillement pourquoi et comment les repositionner l’une par rapport à l’autre, et on se prend d’une furieuse affection pour le très original Continuity.

Prix Seppuku : Super Karoshi

Après Karoshi Suicide Salaryman, voici Super Karoshi ! Le but ici n’est pas de survivre à chaque niveau, mais, au contraire, de trouver un moyen de mourir. Étrangement, alors que ce genre de mésaventure arrive souvent dans un jeu normal, il faut ici faire preuve d’imagination et de réflexes pour réussir à écrabouiller, exploser, électrocuter ou transpercer les petits personnages. A noter, des références à d’autres jeux flash très connus.

Prix Viking : Ice Breaker

Nitrome est un des studios majeurs des jeux flash qui se renouvèle sans cesse et propose à chaque fois de nouveaux concepts, tout en conservant la qualité de réalisation qui le caractérise. Dans Ice Breaker, il faut donc récupérer des vikings coincés dans et sur la glace et découpant cette dernière. Chaque niveau possède des subtilités propres. Certains sont carrément vicieux.

Prix tout seul : The company of myself

Tout, dans The company of myself, rappelle le formidable Braid, sorti en août 2008 sur le Xbox Live Arcade. La musique douce, les puzzles un peu bizarres pour résoudre le niveau, et un petit scénario des plus surprenant. Surtout, l’histoire est imbriquée d’une manière surprenante dans le jeu lui-même. Une belle découverte de cette fin d’année.

Prix derrière toi ! Ultimate Assassin 2

Ultimate Assassin 2 compte dix-huit niveaux d’infiltration à la difficulté croissante mais bien dosée. Chaque niveau se déroule en trois phases : d’abord, la traque et l’assassinat de la cible. Ensuite, la petite période de temps durant laquelle il faut se cacher et croiser les doigts en espérant que personne ne découvrira le corps, en attendant que la barre verte « Mission » disparaisse pour confirmer que le boulot a été fait. Et enfin, la fuite vers la bouche d’égout qui vient d’apparaître quelque part à l’écran... toujours sans se faire repérer.

Prix d’une touche : Canabalt

Courir, toujours courir... Et sauter, aussi. Canabalt est un de ces jeux réjouissants qui ne se jouent qu’avec une seule touche. Le petit personnage à l’écran fuit manifestement quelque chose et doit sauter de toits en toits pour s’en sortir. Enfin, il ne s’en sort jamais, mais le but ici est d’aller le plus loin possible. Deux pièges très fourbes au programme : les mines qui arrivent au dernier moment, et, surtout, les fenêtres, qu’il faut viser pour passer à travers. Le plus souvent, on s’explose au dessus ou en dessous. Mais il suffit d’une touche pour recommencer. Et on recommence. A chaque fois. Jusqu’à épuisement.

Prix chronophage : Learn to fly

Comment ça, un manchot ne peut pas voler ? C’est ce qu’on va voir. On trouve sur la banquise une bonne rampe de lancement, on se lance et hop... Ah non, on ne va pas bien loin. Mais, avec un petit deltaplane, avec quelques fusées, ça va déjà mieux. Vous l’aurez compris, Learn to fly est un jeu de distance. Et un bon. On passe beaucoup de temps pour acquérir le matériel maximum. Ensuite, il y a la distance de 6000 pieds à parcourir. Et là, c’est déjà plus coton. Le pire, c’est qu’une fois qu’on l’a fait, il faut encore essayer d’y arriver le plus vite possible.

Prix à défendre : Gemcraft chapter 0

La suite d’un des meilleurs « tower defense », ça fait forcément envie. On ne compte plus les heures passées sur le premier Gemcraft. Gemcraft chapter 0 est en fait une prequel, c’est-à-dire un épisode se situant avant le premier Gemcraft. Bon, comme absolument personne ne s’intéresse au scénario, on s’en fout un peut. On retrouve donc les combinaisons de gemmes, les tours à construire, le dangereux lancement manuel des vagues qui donne du bonus et les sempiternelles hésitations au moment de dépenser la mana accumulée.

Prix de celui qu’on n’a pas mis dans Libé : Lights

Lights est une petite merveille développée par Neutral, maîtres du genre « Escape room ». Il est graphiquement superbe, pas excessivement casse-tête et agréable à jouer car il sait éviter tous les pièges du genre : assemblage capillotracté d’objets, "pixel hunting" (qui se dit quand on doit frénétiquement cliquer sur chaque pixel de l’image tant les zones réactives des cachettes secrètes sont minuscules)...
Il faut explorer chaque recoin de la pièce et observer de près les objets récoltés. Prendre des captures d’écran de toutes les trouvailles ressemblant de près ou de loin à un code peut aider à les mettre en relation pour résoudre les énigmes.

Le créateur de l’année : JMTB02

Jmtb02 a 22 ans, et ça fait déjà quelques années qu’il fait parler de lui. On l’a découvert avec Ball revamped en 2005, autant dire la préhistoire dans ce secteur. On y trouvait déjà ce qui caractérise son travail depuis : un gameplay inédit et un design un peu foutraque, un peu flashy, mais cohérent. Depuis, il n’arrête pas : plus de 55 jeux au compteur dont 14 rien qu’en 2009, dont les excellents This is the only level, I love Traffic et Rabbit wants cake. Il a récemment rejoint l’équipe d’Armorgames, un des principaux sites de jeux en flash.


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