lundi 23 juin 2008 14:28
Jeux vidéo : Paris, capitale de la création pour deux jours
tag : conférence
Mark Healey et Alex Evans ont présenté « Little Big Planet » - CC Ecrans.fr
Pour cette semaine, Paris est la capitale du jeu vidéo. En attendant le mini salon grand public du développeur Blizzard (World of Warcraft, Starcraft II) en fin de semaine à la Porte de Versailles, c’est la Défense qui accueille aujourd’hui et demain la Game Developers Conference, gros rassemblement de professionnels du jeu vidéo. L’occasion pour les développeurs de jeux de présenter leur travail à des collègues venus du monde entier, le tout sans, pour une fois, les limites imposées par les services de communication. Ce qui donne un rendez-vous à l’ambiance plutôt bon enfant, assez loin des traditionnels business meetings type « je te donne ma carte et tiens la mienne et on se checke au tel dans la journée ». La plupart des participants, plutôt timides, sont là pour le plaisir, malgré le prix d’entrée élevée (entre 375 et 575 euros). Ainsi, Olivier Lejade, fondateur du studio parisien Mekensleep : « On est entre deux projets, donc la GDC Paris, c’est surtout l’occasion de voir des collègues, des développeurs copains, pas vraiment de faire du business. Et puis c’est moins loin que San Francisco. » Où se déroule tous les ans, en début d’année, une autre GDC. Même son de cloche chez Florent Castelnerac de Nadeo, qui vient de sortir son Trackmania United Forever : « Avoir une GDC à Paris, c’est pratique. On vient pour le plaisir de partager avec les autres membres de l’équipe une vision un peu extérieure du jeu. Pendant deux jours, ça nous permet de voir qui on est, où est-ce qu’on va. » D’où des salles de conférences parfois un peu vides, alors que les développeurs restent discuter entre eux dans le lobby. « Avoir une GDC toute proche, ça facilite les choses, raconte de son côté Antoine Villette, PDG de Darkworks. On a envoyé 60 personnes, la moitié de l’équipe. On a des projets longs et difficiles, alors pour nous, la GDC, c’est une sorte de récompense : on rencontre d’autres personnes, on sort le nez du guidon. Et puis ça permet, ou ça donne l’illusion de permettre, d’avoir une formation ramassée, pointue, sur des sujets précis. » Ce que résume Pierre Carde, co-organisateur de l’événement : « Il y a un petit côté communautaire à la GDC. Tout le monde est là pour la même chose, pour partager des expériences et des savoir-faire. Quand on dit ça, il y a un petit côté communiste, kibboutz, mais en fait c’est ça. » Au programme des deux jours de GDC : beaucoup de rencontres impromptues, donc, mais aussi de nombreuses conférences : ce matin, en ouverture et devant un public un peu maigre, Ralph Baer, papa du jeu vidéo, a fait la démo des premiers prototypes de jeux. Juste après, Mark Healey et Alex Evans ont, près d’une heure durant, présenté Little Big Planet et leur vision du jeu vidéo : faire du jeu une plateforme de création simple pour les joueurs, et leur permettre de partager leurs créations. Le tout devant un public conquis et cette fois nombreux. A venir dans la journée des conférences sur la création artistique de larges mondes, avec l’exemple de Rage d’id Software, sur les jeux casual, et sur l’histoire, très réussie, de Bioshock. Demain, l’ouverture se fera par Harmonix, créateur de Guitar Hero et Rockband, qui parlera de Phase, son jeu, moins connu, pour Ipod. A voir également, une conférence sur le level design de Crysis. Avant le déjeuner, la conférence de Jason della Rocca et Bill Dungan sur les rapports entre développeurs et éditeurs sera peut-être l’occasion d’insufler un peu de polémique dans un événement très policé à part ça. De même, en clôture, une conférence de Chris Hatala questionnera le passage des jeux vidéo aux films. Entre les deux, Electronic Arts aura tenu deux conférences sur la simplification en cours dans ses jeux vidéo : dans le jeu multijoueurs Battlefield Heroes le matin, et sur Wii l’après midi. Et ensuite ? Cette première Game Developers Conference parisienne pourrait ne pas être la dernière. Pierre Carde : « L’an dernier on était à Lyon, cette année on est à Paris. On ne sait pas ce qu’on fera ensuite, mais il y a beaucoup d’enthousiasme, il y a beaucoup de monde qui est venu ici, et on est vraiment contents du résultat ».
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