lundi 21 décembre 2009 15:02
Jeux vidéo : Sélection de Noël
par Bruno Icher, Olivier Séguret
tag : sélection
Ratchet & Clank, Cities XL, The Saboteur, Forza Motorsport, les Lapins Crétins, et du foot : pour Noël, Libération vous présente sa sélection de jeux vidéo.
Ratchet & Clank : a Crack in Time
Licence exclusive, discrète mais solide, de Sony depuis les beaux jours de la PS2, la série des Ratchet mérite mieux que le vernis enfantin dans laquelle on la tient. Eloge vibrant au genre déboussolé de la plateforme, cet épisode consolide avec brio les fondamentaux de la série, plus subtile qu’il n’y paraît : un polish irréprochable, une énergie et un rythme exaltants, ainsi qu’une fantaisie baroque pour qui se donne la peine de fouiller le jeu dans ses détails (plus pervers qu’on ne l’imagine : comment, par exemple, transformer des monstres de tout poil en singes bleus, les faire danser sur du disco puis les électrocuter avant de les voir avalés par une pieuvre céleste…).
Cities XL
Les très nombreux amateurs de « city builders » ayant été abandonnés par Maxis qui a sorti son dernier SimCity en 2003, le studio français Monte Cristo s’emploie avec astuce, sérieux et obstination à occuper le terrain, qu’il renouvelle ici d’un mode online bienvenu, avec lequel les maires virtuels de tous horizons pourront échanger et commercer en bonne intelligence. Graphiquement agréable, ergonomiquement aisé, Cities XL agrippe le joueur par sa richesse et sa fluidité. La personnalisation des villes peut atteindre des degrés encore infréquentés dans ce registre, notamment grâce à la possibilité de tracer des axes routiers obliques, voire tordus. Avertissement aux esprits faibles : ce titre est un dévoreur de temps et de vie sociale, signe de sa réussite.
The Saboteur
Personne n’avait jamais utilisé le contexte de l’Occupation pour fabriquer un jeu vidéo sous l’angle de la Résistance, entre infiltration à la Metal Gear et explosion jubilatoire de violence à la GTA, le tout nimbé du parfum tabou d’un terrorisme légitime. Le studio Pandemic a tenté le coup, animé des meilleures intentions, mais, pour une raison quelconque, n’est pas allé pas au bout de ses ambitions. Scénario trop dirigiste, cinématiques interminables, personnages caricaturaux, doublage en français ridicule, les défauts ne manquent pas. Il y a pourtant dans cette démarche inédite quelques très bonnes idées. A commencer par la reconstitution d’un Paris dans les années 40 qui suscite une curiosité presque documentaire. De même, l’utilisation de la couleur, qui envahit peu à peu les recoins de la ville à mesure des progrès de sa libération, est rafraîchissante.
Forza Motorsport 3
La simulation de course automobile, quel que soit son registre, forme un incoulable pilier de l’industrie du jeu vidéo. Dans la catégorie photoréalisme et authenticité des modèles, Gran Turismo a longtemps fait cavalier seul. Pour marquer à la culotte cette exclusivité de Sony (dont le cinquième volet sortira au printemps), Microsoft a mis au point Forza Motorsport, dont ce troisième opus est certainement le meilleur. Avec le foot, la course est un excellent tube à essai permettant de voir l’évolution des arts et techniques de la simulation, les progrès réalisés à chaque génération. Sans doute encore en deçà de la perfection d’un GT, Forza tient quand même la route, tout en apportant ses propres notes (notamment le froissage de tôles, point théorique éternellement débattu).
The Lapins Crétins : la Grosse aventure
Ubisoft, l’un des rares éditeurs tiers à s’être bien positionné sur la Wii, cultive avec entêtement sa licence aux limites de l’absurde et de l’humour pouêt-pouêt. The (fabulous) Lapins crétins, dont la Grosse Aventure, consiste rien moins que de grimper sur la lune grâce à un tas pharaonique de détritus glanés autour du monde. Le ton régressif assumé et la perspective rigolarde sont assez rares dans le secteur pour ne pas être encouragés. Certains voient même dans ce titre comme une sorte de cousinage avec Katamari Damacy, le chef-d’œuvre de Keita Takahashi en plus light, plus enfantin et plus casual. Idéal pour s’amuser en famille ou entre copains avec la Wii le soir de Noël, par exemple.
FIFA 2010, Pro Evolution Soccer 2010
La simulation de foot sur console est soumise à un paradoxe. Elle doit ressembler à son modèle de référence (la retransmission télé d’un match), et s’affranchir de ce spectacle en offrant une représentation sublimée du foot. Les deux ténors du genre, FIFA 2010 (EA) et Pro Evolution Soccer (Konami), s’approchent désormais d’un réalisme troublant. Les joueurs ressemblent vraiment à leurs modèles, les schémas tactiques sont conformes aux vrais et la variété des situations est presque infinie. Dans le mano a mano que se livrent les deux éditeurs pour la suprématie de ce secteur stratégique, FIFA a pris le pas cette année sur PES. Une question de dosage justement entre réalisme formel et irruption d’actions merveilleuses. Toutefois Konami offre cette année un mode intéressant et inédit. Il s’agit de prendre en mains la carrière d’un très jeune joueur et de l’amener vers les sommets. De Toulouse au Real de Madrid en passant par l’équipe nationale et, pourquoi pas, une victoire en Coupe du monde. Pour y parvenir, le gamer ne contrôle que les mouvements de son avatar. Déstabilisant au début, parfois frustrant, étourdissant quand on parvient à marquer un but. Le foot, quoi. Paru dans Libération du 19 décembre 2009« Ratchet », baroque et disco
(Insomniac Games) pour PS3, 70 euros.« Cities XL » construit aussi en ligne
(Monte Cristo) pour PC, 45 euros hors abonnement.Un « saboteur » à Paris
(Pandemic/EA) PS3, Xbox 360 et PC, 70 euros.A fond de « Forza »
(Turn 10) pour Xbox 360, 60 euros.« Les Lapins » dans la lune
(Ubisoft) pour Wii, 50 euros.Foot toujours
(EA et Konami), pour PS3 Xbox 360, 70 euros.
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