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jeudi 24 janvier 2008 18:09

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«Administrer KopiKol commençait à tenir du boulot à plein temps.»

par Astrid Girardeau

tag : interview

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« KopiKol est fermé, mais KopiKol n’est pas mort. »

Kopikol, site dédiée à la curiosité, à la trouvaille et au partage a fermé dimanche dernier. Loranger, un des administrateurs, s’explique.

Comme Kopikol est l’histoire d’une équipe très impliquée autour de Loranger, chacun des «admins» a envoyé ses propres réponses aux questions posées au «boss».

Les réponses de N.

Pourquoi avoir arrêté Kopikol ?
Parce que c’était trop lourd pour tout le monde. La lassitude se faisait sentir assez lourdement chez les admins depuis un moment, c’était devenu inéluctable. Loranger le dit avec humour, administrer KopiKol ça commençait à tenir du boulot à plein temps. Or on a tous des vies à côté, des vrais boulots pour lesquels on est payés et qu’on ne peut pas sacrifier à la web-glande.

Pensez-vous le reprendre sous une autre forme, dans d’autres conditions ?
Je ne pense pas m’avancer beaucoup en disant que quand KopiKol renaîtra, nous serons toujours là. En tout cas, moi, j’y serai.

Quel bilan tirez-vous de ces quatre ans ?
Que l’anarchie n’est pas un système viable au delà de 10 personnes. Au départ, les admins n’avaient pas grand chose à faire (enfin je crois, j’étais pas là ou de toute façon pas admin), il n’y avait pas de validation a priori et tout roulait. Et puis le succès arrivant c’est devenu le bordel et il a fallu une police pour faire respecter les règles puisque certains n’en tenaient pas compte. J’y reviendrai à la question 5.

J’ai aussi été très surpris de constater que les gens qui étaient derrière KopiKol étaient aussi différents, et si peu conformes à ce que je m’attendais à trouver. Pour ne parler que des quatre vétérans des admins, on a entre 30 et 45 ans (je compte un peu large. Je précise sinon le doyen va se plaindre que je le vieillis), on est parents et on bosse dans des domaines complètement différents dont certains sans autre rapport avec l’informatique que l’utilisation d’un traitement de texte. Il paraîtrait même qu’un Minitel serait encore en service quelque part mais ça n’est qu’une rumeur.

Quelles ont été les principales évolutions de Kopikol ?
J’ai surtout vu une évolution vers une communauté fermée, avec le développement de "running gags" assez pénibles écartant d’office les nouveaux arrivants. KopiKol s’est d’ailleurs fait taxer de sectarisme sur certains blogs ce que je trouve assez regrettable car pas du tout dans l’esprit de départ (enfin de ce que j’en perçois, vu que je n’étais pas là).

Personnellement, est-ce que cela a changé votre vision d’Internet ou des internautes ?
Je pense que j’étais moins naïf que Loranger et je n’ai rien observé que je n’aie déjà vu ailleurs. La bêtise, la connerie mais aussi l’envie de discuter et d’échanger. Et de boire des coups.

Les réponses de *man

Pourquoi avoir arrêté Kopikol ?
Il avait pas ses papiers !

Pensez-vous le reprendre sous une autre forme, dans d’autres conditions
J’aimerais bien, parce que le missionnaire, à force...

Quel bilan tirez-vous de ces quatre ans ?
42.

Quelles ont été les principales évolutions de Kopikol ?
Jamais on n’a vu, jamais on ne verra, la famille tortue courir après les rats.

Personnellement, est-ce que cela a changé votre vision d’Internet ou des internautes ?
Ouais, je vois tout flou, maintenant. D’t’façon, c’était juste un truc de fumeurs de drogues.

La réponse de Agent Double, aka Kiceki, aka Antoine

J’ai débarqué sur le site il y a deux ans grâce à Piqué aux jeux, comme mon collègue et j’ai découvert un des rares endroits d’Internet où le niveau d’expression semblait pouvoir aller au delà des deux ou trois mots qui forment les acronymes les plus couramment utilisés dans le cyberspace.

Curieux de comprendre les règles de socialisations virtuelles je me suis créé une identité virtuelle et ai tenté de me faire adopter par cette petite communauté. Ce fut fait assez vite, tant et si bien que lorsqu’il me fut proposé de participer à l’administration du site, je pris cela pour un grand honneur.

J’ai découvert rapidement que la tâche consistait à trier dans l’ombre des quantités astronomiques de soumissions dont la majorité consistaient en spams, autopromotions de liens de qualité inférieures vendues par leurs auteurs comme les meilleurs de leur catégorie, ainsi qu’un nombre incalculable de petites vidéos sans intérêts qui misent bout à bout constitueraient un mauvais épisode de vidéo-gag.

Cependant j’ai persévéré ayant pu me repaître par le biais de cette pratique de plaisirs simples mais uniques :
- la découverte de véritables êtres humains que je n’aurais jamais côtoyé ailleurs (et ça on ne dit que trop peu que c’est rare dans notre monde moderne ou la vraie vie disparait au profit du spectacle -cf toute l’œuvre de Guy Debord),
- la futile joie de toujours avoir plusieurs jours voire plusieurs mois d’avance sur les buzz du moment,
- connaître enfin le «comment ça marche» d’un site internet,
- avoir un petit lieu de débat permanent et futile sur tout et n’importe quoi.
- avoir mon kopikol à moi (vous pouvez chercher, il existe...)

Pour finir, pourquoi avoir arrêté? Parce que le boulot était de plus en plus titanesque et qu’à part les deux collègues qui vous ont répondu et le boss, l’équipe n’a pas réussi à trouver d’autres personnes aussi motivées pour faire le boulot bénévolement en plus de leur travail et de leur famille.

Après avoir perdu ma femme et fais une dépression nerveuse au boulot, je me suis rangé à l’avis des autres et ai hissé le drapeau blanc.

Pour le futur, que nous réserve-t-il ?


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