lundi 14 septembre 2009 11:04
L’Amérique saignée en séries
Les GI de « Gen Kill » et les vampires de « True Blood » peupleront l’automne de NT1.
par Bruno Icher
Gen Kill - DR
C’est avec un beau soulagement que la France de la TNT a appris que NT1 avait cassé sa tirelire pour acquérir quelques belles séries américaines concoctées, cela n’étonnera personne, au sein de la machine HBO. Il faudra donc s’y faire : il y aura de bonnes séries sur NT1 cet automne. A commencer par Gen Kill, minisérie signée David Simon, créateur de The Wire, qui traite du quotidien d’une unité de GI pas très vaillants dans un Irak dévasté. L’histoire commence avec l’irruption d’un journaliste hirsute de Rolling Stone, embedded chez des troufions chaque jour confrontés à l’absurde, assistant, effarés et impuissants, à leur propre métamorphose en assassins. Brillant. Dans un registre moins tendu, il ne faut pas rater le début de l’épatante série fomentée par Alan Ball, autrement dit Monsieur Six Feet Under, au fil d’une histoire de vampires dans la Louisiane d’aujourd’hui.
True Blood (1), titre de l’affaire, est l’appellation d’une nouvelle boisson vendue dans le commerce et qui n’est rien d’autre que du sang artificiel. Il y a un marché porteur puisque les vampires, après des siècles passés dans la clandestinité humide de cryptes mal entretenues, ont décidé de se mêler au reste du genre humain. Bien sûr, ils ne sortent que la nuit, fréquentent des bars où les non-vampires ne sont pas très bien accueillis, ont la fâcheuse manie à hypnotiser les gens dans des situations de conflit, mais ils ne mordent plus personne. Pour ce qui concerne, en tout cas, la majorité d’entre eux. Du coup, un parti vampire exige des autorités l’ouverture de débats nationaux sur les droits civiques des vampires et un lobby, encore balbutiant mais actif, se bat pour faire reculer les préjugés encore tenaces dans certaines campagnes. Justement, c’est là que se situe l’action de True Blood, entre bayous et red necks imbibés de bière, entre légendes vaudous et folklore d’un autre temps. Sauf qu’Alan Ball parle moins de vampires que de racisme et de ségrégation. Là, dans cette Louisiane rurale où les noirs, les gays, les juifs et même quelques yankees ont jadis passés de sales moments, le germe de la connerie n’est pas mort, comme un peu partout dans le monde. Sinon que les préjugés, la méfiance et l’ostracisme s’exercent maintenant sur les vampires. Cela dit, vous laisseriez votre fille épouser un vampire vous ? (1) La première saison est également diffusée sur Orange ciné Max depuis le 8 septembre, la seconde le sera avant la fin de l’année. Paru dans Libération du 12 septembre 2009
DR
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