mercredi 25 avril 2007 07:05
L’Inde, nouvelle aire de jeux des écoles Supinfogame
Demain, à Poona (Inde) sera lancé le futur campus Supinfogame. Les studios français craignent l’émergence d’une concurrence plus rude.
par Bruno Icher
tags : économie , graphisme , design , Inde
ROCCO
Demain, à Poona, ville universitaire indienne du Maharastra, à une centaine de kilomètres à l’est de Bombay, sera donné le premier coup de pioche du futur campus Supinfo. Ce sera l’aboutissement de trois années de négociations entre la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) du Valenciennois, dont dépend le groupe Supinfo, et le groupe indien DSK, le financier de cette opération. L’accord prévoit que la structure de Valenciennes assume l’ensemble du projet pédagogique d’une école de game design et d’imagerie numérique qui accueillera en juin 2008 (ou en septembre au pire) la bagatelle de 600 étudiants. La nouvelle ne risque pas de passer inaperçu dans un secteur où les besoins en main d’œuvre hautement qualifiée sont colossaux et où les formations de qualité sont extrêmement rares. Du côté de la CCI, on ne cache pas sa satisfaction. C’est la confirmation que Supinfogame, école préparatoire aux métiers du jeu vidéo (game design et gestion de production) créé en 2002 et Supinfocom, formation en réalisation numérique créé en 1988, ont acquis une renommée internationale de premier plan. « Nous avons été approchés par ce groupe indien en 2004 par l’intermédiaire du cabinet londonien Palm Force », raconte Yves Louzé, directeur général de la CCI. « Ils voulaient trouver un partenaire afin de monter un projet d’école numérique et après avoir examiné tous les autres acteurs de ce secteur dans le monde, ils ont choisi Supinfo. Cela nous a intéressés car entre l’industrie du cinéma indien et l’activité du jeu vidéo, les débouchés sont extrêmement prometteurs. D’autre part, si Supinfo n’avait pas répondu favorablement à cet appel, d’autres écoles l’auraient fait. » Concrètement, l’école indienne est une franchise de Supinfo. En s’attachant les services de l’école, DSK versera une somme conséquente et, pour le moment, top secrète à la Chambre de commerce. Le projet pédagogique, lui, sera très proche de l’enseignement distillé à Valenciennes. « C’est nous qui prenons intégralement en charge tous les aspects pédagogiques », confirme Marie Anne Fontenier, directrice de l’école. « Nous choisirons les professeurs et organiserons un dispositif proche de celui qui est développé en France et qui a permis l’épanouissement de nouveaux talents. » Pour le groupe DSK, l’objectif est de ne surtout pas rater le train d’une diversification vers le secteur du multimédia en Inde que tous les observateurs décrivent comme un eldorado en devenir. Mais que représente au juste DSK ? « Le groupe a été créé par son fondateur, Monsieur Kulkarni qui a commencé sa carrière en changeant les pastilles désodorisantes dans les téléphones des entreprises », reprend Yves Louzé. « Il est aujourd’hui, avec son épouse, à la tête d’un groupe important de BTP et de diverses activités, notamment une des principales concessions Toyota d’Inde. A terme, même s’ils n’en font pas encore état, DSK a l’intention de se lancer dans la production de jeu vidéo. » L’Inde comme nouveau pôle numérique n’est pas vraiment une surprise. Toutefois, le processus s’accélère et l’annonce de cette signature risque de ne pas faire que des heureux. Notamment du côté des studios français qui ont eu toutes les peines du monde à garder la tête hors de l’eau pendant la crise de ces dernières années. Supinfo formant des professionnels d’excellent niveau en Inde sera sans doute vécu par certains comme une manière de renforcer la concurrence dans un pays émergeant. « Nous sommes quelques-uns à trouver un peu curieux que Supinfo qui vit partiellement avec notre taxe professionnelle, puisse exporter un savoir-faire pour former une main d’oeuvre low cost », observe un patron de studio qui attend d’en savoir plus. A cette problématique, Yves Louzé a une réponse toute prête : « Les chambres de commerce qui vivent uniquement sur les impôts sont des chambres mortes. Je ne cesse de répéter qu’un euro récolté en impôts se traduit chez nous par 4 euros en action. Nous devons de trouver des sources de financement extérieures. De plus, Supinfo en Inde sera aussi une tête de pont pour les entreprises françaises. » Il ne reste plus qu’à les en convaincre. A lire également sur Ecrans :
- Montréal, un campus financé par Ubisoft (24/04/2007)
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