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jeudi 31 décembre 2009 11:26

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L’UMP se voit en Créateurs de possibles

par Matthieu Écoiffier

tags : politique , réseau social

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Le parti majoritaire va lancer en janvier son nouveau site communautaire, Créateurs de possibles. Un événement très attendu, après le clip chantant des jeunes UMP.

Le nom

C’est une réminiscence du slogan « Ensemble tout devient possible » du candidat Sarkozy en 2007, mêlée à la tendance au do it yourself avec des accents SF : le nom du futur site communautaire de l’UMP viendrait d’une définition philosophico-optimiste de la politique comme « l’art de rendre possible ce qui est nécessaire ».

Le concept

On n’est pas là pour faire ami-ami avec d’autres inscrits, ni partager ses photos de meeting ou son humeur du jour. Il ambitionne de franchir « une étape supplémentaire » dans l’histoire du Web politique, de doubler Obama lors de la présidentielle américaine. L’UMP compte aller au-delà du réseau social pur et dur version Facebook pour lancer, rien que ça : la « première communauté citoyenne d’actions politiques ». « Le site n’aura pas vocation à dire "voilà ce qu’on pense", mais "qu’êtes-vous prêts à faire pour que ça change ?" résume le secrétaire d’Etat au Logement, Benoist Apparu, chargé des communautés numériques à l’UMP. Les membres vont devenir acteurs du changement politique. »

Chacun crée son profil de « créateur de possibles » et définit une initiative, « locale ou nationale », à mener à bien. Dans le jargon, on dit « créer un nécessaire ». Exemple : Virginie, mère de famille, « a décidé d’agir ». Son « nécessaire » : faire « rénover les salles de classe du lycée Paul-Eluard ». Alors le site met à sa disposition une barre d’outils : pétition, tract, porte-à-porte, réunion… Et chaque créateur de possibles peut lui prêter main-forte. Et faire qu’« ensemble tout devienne possible ». Plus politiques ou liés à l’actualité nationale, d’autres « nécessaires » tenteront de faire élire Valérie Pécresse en Ile-de-France ou d’œuvrer pour un meilleur partage des profits. Le tout, insistent les concepteurs, en respectant l’état d’esprit 2.0 : pas de message bombardé d’en haut, mais une « structure horizontale », ni censure sur les initiatives lancées par les membres du réseau, même si elles vont à rebours de la ligne UMP. Un « nécessaire » pour abroger le bouclier fiscal ? Faut quand même pas exagérer.

La cible

Le site sera ouvert à tous, militants et sympathisants. Le sigle UMP n’apparaît pas, même si le logo, copier-coller de l’arbre symbole du parti présidentiel, garde un air de famille. L’UMP espère ainsi courtiser les bonnes volontés pas forcément prêtes à pousser la porte d’une permanence et, ajoute Apparu, « la jeune génération qui passe plus de temps sur Internet que devant la télévision ». L’idée de brasser militants et non-encartés est innovante. Mais dans la pratique, la cohabitation peut laisser perplexe. « Vous croyez que des internautes non militants vont adhérer à un réseau truffé de gens UMP ? Un site doit correspondre à une proposition, une action, une cible », estime un spécialiste des réseaux sociaux.

L’objectif

En période électorale ou non, muscler sa présence sur le Web tient de l’impératif : « On doit être là où les gens sont, sur les marchés comme sur Internet », plaide Apparu. Or, comparaison européenne à l’appui, l’UMP a constaté l’audience riquiqui de ces sites politiques comparée à celle de mastodontes comme Facebook. « Les partis sont à des années lumières de ce qui se passe sur Internet », avoue-t-il. Du coup, branle-bas de combat et refonte globale de la stratégie Internet. Le chantier a été confié à l’agence Isobar et au publicitaire Christophe Lambert, qui ont planché avec une poignée de responsables UMP.

Le parti doit lancer conjointement son site remodelé, avec notamment une série de forums, et son réseau social, pour la somme de 500 000 euros. Une quinzaine de salariés ont été recrutés, groupés en agence web. En lançant la grosse artillerie numérique, l’UMP compte évidemment élargir sa sphère d’influence et vise 500 000 à un million d’inscrits sur le réseau d’ici deux ans. Autant de « baromètres » censés mesurer les états d’âmes et revendications de l’électorat. Et repérer les bonnes volontés à mobiliser en temps de campagne.

Paru dans Libération du 29 décembre 2009


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