mardi 12 mai 2009 15:00
L’addiction au jeu sur écran, une notion contestée
par Laure Equy
tag : l’addiction, une fois de plus
L’«addiction», un gros mot quand il s’agit d’un jeu vidéo? La question divise les spécialistes. S’il reçoit aussi des «joueurs excessifs» à la Maison de Solenn (Paris), Serge Tisseron veut «dégonfler le terme». Auteur de Qui a peur des jeux vidéo ?, le psychiatre leur reconnaît un potentiel addictogène «mais on peut dire de même pour un collectionneur de timbres» chevronné. La notion d’addiction au jeu ne peut, selon lui, s’appliquer à l’adolescent, «ses neurones de contrôle de l’impulsion n’étant pas mûrs». D’ailleurs, «en fin d’adolescence ou en début d’âge adulte, 99 % s’arrêtent d’eux-mêmes alors qu’on ne cesse pas comme ça de se droguer.» Quant aux adultes accros à l’écran, lui assure n’en avoir pas rencontré «en souffrance». Le risque, prévient Tisseron, est de «passer de la logique éducative à une logique médicale : parler d’addiction désengage. On me dit : “Docteur, guérissez-le !”» En face, d’autres ont une lecture plus «comportementale» de l’addiction, sans la cantonner aux seules substances toxiques. Au-delà de ce débat, l’ensemble des psys s’accorde pour trouver au jeu vidéo, pratiqué à une dose raisonnable, des vertus éducatives : développement de réflexes, du sens stratégique, socialisation pour le jeu en réseau. Autres points de convergences : les parents ont une responsabilité, doivent dialoguer avec leur enfant, comprendre le sens de sa pratique du jeu et lui fixer des limites et le «sevrage», lui, peut être très rapide.
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