mercredi 12 août 2009 18:40
« L’an 1 », le film des âges farouches
Comédie poilue mais pas si poilante avec Jack Black et Michael Cera, « L’an 1 » déçoit un peu, malgré de bons atouts.
tag : comédie
Jack Black tire à la chasse - DR
L’an 1 – Des débuts difficiles, de Harold Ramis avec Jack Black, Michael Cera et Oliver Prat.
Les dinosaures n’existent plus, Twitter pas encore. Bref, c’est l’an 1 et nos héros sortent à peine de la préhistoire. Il y a Zed (Jack Black), le chasseur le plus incompétent de son village, et son meilleur ami, Oh (Michael Cera), jeune cueilleur intimidé par la gente féminine qu’il n’arrive même pas à combler d’un coup de gourdin efficace. Bannis par leurs pairs, le duo va découvrir que, contrairement aux croyances locales, la Terre ne s’arrête pas brusquement derrière la montagne d’à côté. Au gré de leur rencontres diverses (Caïn et Abel, Abraham, des princesses, des eunuques...), les deux amis vont tenter de sauver leur peau et celles de leurs promises plus ou moins consentantes. L’an 1 (à ne pas confondre avec L’an 01, film de 73 co-réalisé par Jean Rouch, Alain Resnais et Jacques Doillon) marque le retour à la réalisation d’Harold Ramis, un temps orfèvre de la comédie (Un Jour sans fin), rangé des voitures depuis son polar Faux Amis (The Ice Arvest) en 2005. Quelques seconds rôles (dans En cloque mode d’emploi par exemple) et réalisations d’épisodes de The Office plus tard, l’ex Ghostbuster (Spengler, c’est lui !) revient derrière la caméra avec cette loufoquerie branchée hommes des cavernes (ou presque) . L’une des dernières tentatives en la matière, RRRrrrr !!!, vient de chez nous et date de 2004, et son accueil frileux explique sans doute la longue pause d’Alain Chabat niveau réalisation. Pour autant, la référence quasi évidente de ce Year One reste le cultissime métrage des Monty Python, la Vie de Brian, réalisé par Terry Jones en 1979. Une référence intouchable face à laquelle l’effort de Ramis paraît bien vain.
Non pas que L’an 1 soit une bouse innommable (vu le buzz négatif autour du film, on avouera même avoir été plutôt agréablement surpris par le résultat), mais la comédie pêche par son manque d’ambition (à ne pas confondre avec le manque de moyens, aussi bien financiers que créatifs). Les personnages secondaires et intrigues parallèles ont beau s’enchaîner à un rythme soutenu, l’ennui guette souvent (un comble pour un film d’1h27). Niveau humour, sans aller jusqu’à regretter la « biche neeeeeuve » des Robins de Bois version Chabat, on reste également un peu sur sa faim, mais quelques pépites méritent toutefois clairement le détour. La première d’entre elles, sans surprise, est notre chouchou Jack Black, impeccable en balourd tire-au-flanc, dont l’alchimie avec Michael Cera, hirsute blond perruqué façon Garth de Wayne’s World, offre au film ses meilleurs moments. L’autre richesse du film reste le personnage du prêtre tantouze incarné par Oliver Pratt, déjà présent au casting du dernier film de Ramis. Son personnage est l’un des rares (avec celui de l’eunuque, incarné par Kyle Gass, partenaire de Jack Black dans son mythique groupe Tenacious D), a surnager parmi le gâchis des seconds rôles. Depuis combien de temps avait-on si peu ri devant Paul Rudd (Roles Models), Hank Azaria (Les Simpson), et autre Christopher Mintz-Plasse (SuperGrave) ? Pour finir, accordons toutefois au film (comédie populaire classée tout public aux Etats-Unis) le courage d’être assez rentre-dans-le-lard niveau religion. Un doux parfum d’athéisme décomplexé et d’existentialisme à poils longs se dégage en effet de cette comédie inégale, mais finalement attachante. Bande annonce
DR
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