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jeudi 1er novembre 2007 09:25

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L’animal est un jeu pour l’homme

par Olivier Séguret

tags : DS , Moi jeux

Horse Life. DR

Petz, Dogz, Catz, Les Sims Animaux, Hamsterz Life, Horsez… A de nombreux égards, le jeu vidéo contemporain est en plein âge bête, mais dans le bon sens du terme  : celui du règne animal, qui étend son empire toutes consoles et PC confondus. La sortie de Horse Life (Neko/Deep Sliver pour Nintendo DS, 40 €.) est une bonne occasion de faire le point sur ce phénomène, en croissance exponentielle depuis le triomphe des Nintendogs produits en 2005 par la maison Nintendo.

Horse Life est de la même veine, mais son registre est plus austère  : il s’agit d’élever et de former un poulain de choix, de lui faire passer des épreuves réalistes, de l’entraîner aux championnats hippiques, de le nourrir et d’en prendre soin.

Dans un bel effort qui allie confort ergonomique et incises expérimentales, le gameplay de Horse Life a tôt fait d’accrocher le joueur à sa jolie mécanique. La production est modeste, le sommaire n’a rien de foisonnant, mais la qualité et la rigueur du programme sont inversement proportionnelles à son minimalisme. Plus technique que, sur le même créneau équestre, la fameuse série de jeux proposés par la championne Alexandra Ledermann (citons les épisodes l’Héritage du haras et le Défi de l’Etrier d’or, entre autres titres au parfum Harlequin), Horse Life ne fait aucun mystère de sa cible  : filles et fillettes, essentiellement.

Et si l’on se place deux secondes dans la perspective d’une jeune fille et de ses couettes, on se dit que cette fois, au moins, ce titre nous fait la politesse d’être résolument du côté des filles sans être rédhibitoirement nunuche.

Depuis ses origines ou presque, le jeu vidéo, particulièrement dans son segment RPG nippon, fourmille de titres dont les quêtes annexes consistent à élever, croiser ou faire se reproduire des créatures de toutes sortes  : depuis la constitution de bestiaires de monstres jusqu’à l’élevage de chocobos, le joueur a lui-même été dressé à son insu pendant des années par ce conditionnement subliminal.

Plus largement, la vogue de l’animal simulé, virtualisé et passé à la moulinette du jeu vidéo doit être rapprochée du mouvement tout à fait comparable et presque synchrone qui a saisi le cinéma d’animation depuis l’avènement des technologies numériques. Celles-ci ayant permis de crever les plafonds de la représentation photoréaliste, la reconstitution digitale de la nature et de ses faunes est presque devenue un genre en soi. Fruit du croisement entre deux cultures, celle du jeu classique et celle de l’animation hyperréaliste, la vogue actuelle de ces titres très casual signe également un saut générationnel  : il est loin, l’anthropomorphisme de papa Disney.

Il existe aussi un versant mélancolique à cette question de la part animale. Tout se passe en effet comme si ce besoin que nous manifestons de peupler le monde virtuel d’animaux toujours mieux imités, toujours plus proches du monde réel, était aussi une façon pour nous d’enregistrer la disparition progressive des espèces à la surface de la Terre. Comme le début d’un deuil. Est-ce bête  ?


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