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samedi 12 janvier 2008 08:29

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L’art se feuillette gratis

De plus en plus de webmags s’ouvrent à la création collaborative.

par Astrid Girardeau

tag : Art

Dirk Mueggenburd dans Ruby Mag 24 - DR

Linéaire et sans interactivité. Le format peut paraître incongru. Pourtant les magazines d’art en ligne se multiplient. Fanzines de l’ère numérique, ils ont remplacé la photocopie par le Flash ou le PDF, des formats qui ont l’avantage de conserver une certaine qualité des images et de respecter la mise en page. Du papier, ils reprennent la périodicité et le feuilletage page à page. Et un aspect papier glacé mais sans le prix. La plupart sont gratuits. Internet oblige, ils sont nombreux à jouer la carte du collaboratif. Les internautes-artistes sont alors invités à participer au numéro à venir, généralement autour d’un concept ou d’une thématique. Car si on y croise quelques artistes connus, ces magazines sont avant tout un terrain vivant d’expérimentation. Un reflet des styles et des préoccupations de la jeune scène internationale, avec toute son effervescence, sa créativité et ses tendances. Et parfois aussi ses ratés.

Mémoire. Témoin, et acteur, de cette ébullition, le site allemand PDF-mags regroupe la crème des magazines PDF sur « l’art, le design, l’illustration et la vie ». Lancé en février dernier, il annonce la sortie des numéros et le lancement de nouveaux titres, et propose un index, actuellement de presque 200 titres, qui s’enrichit régulièrement au fil des nouvelles propositions. Le site donne également accès aux magazines qui ont arrêté de publier mais dont les numéros sont toujours téléchargeables.

Brigitte Lustenberger dans Purpose 6 - DR

Dédié à la photographie passée et présente, Purpose se détache du lot par la qualité de sujets et son interface (en flash), empruntant à l’extrême les codes de la revue papier (on peut choisir d’afficher ou non la pliure). Ses créateurs, Paul Demare et Gilles Raynaldy, expliquent vouloir « créer un cadre solide mais discret, pour une lecture agréable des images mais aussi contraindre le visiteur à prendre son temps ». Pour eux, Internet a l’avantage d’être « peu onéreux, souple et rapide à produire » en attendant de pouvoir s’offrir une édition papier. Sur fond de bande sonore originale, chaque numéro (bilingue, trimestriel et gratuit) réunit six ou sept artistes autour d’un thème : le corps social, la mémoire, l’Afrique vue par ses photographes, etc.

Cette même volonté de mise en valeur des œuvres se retrouve chez beaucoup, via une interface épurée et une présentation sans descriptif, voire sans légende. Rencontrer un univers, une esthétique est ainsi l’objectif de Ruby mag pour sa créatrice, l’artiste argentine Irana Douerans. Tous les deux mois, elle présente le travail de quelques artistes (Guerra de la Paz, Shany Boyle, etc.) Même démarche dans ANTI de Nazario Graziano, conçu comme « un magazine plein d’art », avec « juste des œuvres, pas de mots ». Dans la même veine, mais un peu plus trash - avec explicit content - on pourra aller voir Bastards de l’Allemand Sven Tauras.

Valeurs sûres également, Destructed. info, réalisé par deux graphistes allemands, et Ideafixa, un bimensuel brésilien à thématique (sex, rock’n’roll, food, etc.) Plus anglé, Polar Inertia s’intéresse à la photographie et la notion d’espace (architecture, vie urbaine, etc.) Tandis que Bak est un pavé (284 pages) anglo-turc de travaux et d’interviews sur le graphisme. Enfin, parmi les petits nouveaux, on peut citer l’italien Posi+tive magazine, le français Querelle. Plein les yeux pour pas un rond.

ANTI 4 et 5 - DR


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