Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Le piratage est un danger pour l’avenir de notre civilisation.

Muriel Marland-Militello, députée UMP

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

mercredi 10 septembre 2008 08:40

  • cinéma

L’été des blockbusters sacre la Paramount

La saison estivale des blockbusters aux Etats-Unis s’est close avec le Labor Day. L’heure des comptes a donc sonné.

par Didier Péron

tag : blockbuster

The Dark Knight, l’un des succès de l’été de la Warner - DR

La saison estivale des blockbusters aux Etats-Unis, traditionnellement lancée au premier week-end de mai, s’est close avec le Labor Day, le 1er septembre. L’heure des comptes a donc sonné et l’humeur est plutôt bonne, avec des recettes estimées à 3,9 milliards de dollars (2,8 milliards d’euros), 1 % de plus que l’an passé. En réalité, la fréquentation baisse, mais le prix des tickets a augmenté. 586,6 millions de places de cinéma se sont vendues dans la période.

C’est la Paramount qui est le studio vainqueur de la saison, avec pas moins de trois des films qu’elle a distribués au dessus des 200 millions de recettes : Iron Man, le nouvel Indiana Jones et Kung Fu Panda. Le patron de la Paramount, le redoutablement avisé Brad Grey, l’homme qui n’a pas hésité à virer Tom Cruise qui, depuis, pédale dans la choucroute (cf. ses actuels déboires à la tête d’un United Artists à la dérive), doit se frotter les mains. Les plus perfides font remarquer qu’il n’a en fait directement produit aucun de ces films, mais est simplement lié par des partenariats juteux à des studios performants, tels que Lucasfilm, Dreamworks ou Marvel Studios, et que le seul film intégralement produit et distribué en interne est le Love Guru de Mike Myers, l’un des flops retentissant de l’été.

Au cours de ce summer of love rutilant de dollars, la Paramount a perdu celui que les analystes désignent comme le maître d’œuvre de ces succès en série, Garry Rich, patron de la division marketing international, qui a surpris tout le monde en annonçant qu’il quittait son poste après un peu plus de quatre ans de loyaux services. Steven Spielberg a lui aussi annoncé son départ du studio à l’expiration de son contrat à la fin de l’année pour rejoindre le nouveau Dreamworks, gonflé par le milliard de dollars injecté par le groupe indien Reliance.

C’est la Warner qui peut s’enorgueillir du plus gros succès estival avec la franchise Batman et l’épisode The Dark Knight, qui cumulait quelque 505 millions de dollars de recettes sur le territoire nord-américain (et, dit-on, un milliard de recettes mondiales !!!). Mais la Warner, c’est aussi le pactole de Get Smart (Max la Menace), avec Steve Carrel (128 millions de dollars), Sex and the City (152) et Voyage au centre de la Terre (92 millions). Néanmoins, le studio a aussi dû assumer des pertes considérables en raison des résultats calamiteux du film des frères Wachowki, Speed Racer, qui aurait coûté 250 millions de dollars (fabrication du film et marketing) pour n’en rapporter que 44 sur le territoire national et guère plus à l’exploitation internationale. « La plupart des profits de Dark Knight seront aspirés dans cet abîme », assure le Los Angeles Times. Le marché reste donc hautement volatil, puisque les architectes milliardaires de la trilogie Matrix se retrouvent le coup d’après au fond du tonneau SDF.

Les autres studios ramassent les miettes avec leurs films qui ont juste rapporté un peu plus de 100 millions de dollars (une broutille) : Universal avec Mamma Mia ! et Wanted, Sony avec Hancock, Disney avec Prince Caspian (qui a généré la moitié des gains du premier épisode du Monde de Narnia) et Wall-E.

Lanterne rouge surprise, la Fox prend le bouillon avec un line-up qui n’a séduit personne, entre le retour à la ramasse de X-Files, une comédie, Jackpot, avec Ashton Kutcher et Cameron Diaz, le Babylon A.D. de Kassovitz et surtout Appelez-moi Dave de Brian Robbins, une coûteuse pochade SF d’Eddy Murphy qui s’est vautrée dans les grandes largeurs.

Cette disgrâce est d’autant plus violente pour la Fox qu’elle sort d’une décennie de succès (X-Men, Mr & Mrs Smith, Moulin rouge, Dr Dolittle…). Il est vrai que la politique maison a semble-t-il consisté à rationaliser au maximum la fabrication des produits en évitant au possible les stars de la mise en scène aux egos ingérables. Les films de la Fox étaient tous du coup signés par des inconnus au bataillon, destinés à le rester.

Le triomphe de The Dark Knight en dépit de sa noirceur, tableau d’une Amérique des décombres post-terroriste et de l’amertume paranoïaque, a au moins le mérite de prouver que la signature d’un cinéaste (en l’occurrence Christopher Nolan) n’est pas ce qui fait fuir le public contemporain.


Il y a 1 réaction à cet article.

Lire les réactions.
Réagir à cet article.

Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

blockbuster - L’été de tous les dangers

article précédent
250 ans de presse écrite bientôt sur Google
article suivant
Hollywood : des Français à la pelle


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • écrire à Didier Péron
  • réactions (1)
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Free Mobile, un premier mois de fritage
  • « Dr House » cane au bout de huit saisons
  • Piratage en série sur l’iTunes Store
  • Chez Google, la vie privée tombe dans le panel
  • « Borgen », la petite série reine

Lib.fr

  • Nicolas Sarkozy, en campagne contre les boucs émissaires
  • «La grosse artillerie» de Sarkozy contre les chômeurs ne passe pas
  • Grand froid : 55 départements en vigilance orange
  • Détours à Melbourne
  • Athènes de nouveau en grève contre la cure de rigueur
publicité

En bref

img75
« Dr House » cane au bout de huit saisons

Bip, bip, bip… bip… biiip… Ainsi résonnera, le 21 mai, l’électrocardiogramme de la série Dr House, dont la chaîne Fox a prononcé le décès hier.


Chronophage

Color Pic-a-Pix

Cet excellent jeu ne dépaysera pas les habitués de Picross : les règles sont exactement les mêmes, avec des couleurs en plus.


De saison

img75
L’Elysée à l’abordage du Net

Dans un merveilleux dessin interactif, OWNI liste les principales figures de la conquête de l’Internet par l’Elysée, et schématise leur relations en filant la métaphore de l’île déserte.


Hum, bizarre...

img75
Les sosies sont six

Vous ne vous êtes jamais dit que votre voisin de train ou de fil d’attente ressemblait à un personnage de fiction ?


Dixit

« C’est un peu comme si vous rajoutiez des dizaines de bières sur le plateau d’un serveur : au bout d’un moment, il tombe. »


De saison

img75
L’hommage de Google à François Truffaut

François Truffaut aurait eu 80 ans ce 6 février 2012. Google en fait donc son Doodle du jour.




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008