mercredi 21 septembre 2011 10:45
L’étrange en six faces
par Virginie Malbos
tags : Art , Rubik’s Cube
Il y a des sites qui mériteraient à eux seuls la création d’une nouvelle rubrique. Celui de l’Américain Jason Nelson, professeur d’Internet Art et de littérature électronique en Australie, est de ceux-ci, avec un intitulé tout trouvé, heureux mélange de trois de nos sympathiques tags : « Hum, bizarrement étonnant, noooooooon ? » Car comment réagir autrement face à Six sided strange, la nouvelle oeuvre de cet net-artiste qui nous laisse un peu, beaucoup, pantois. Approximativement, cela ressemble à une série d’œuvres artistiques : douze tableaux, construits à partir de Rubik’s cubes impossibles à résoudre, et incluant du texte, en anglais. Une espèce de puzzle, voire de sculpture interactive construite autour d’un cube central, et ornée de pixels et de lignes colorées qui circulent. Autrement dit, on n’a pas tout compris.
Mais heureusement, lors d’une interview accordée au Guardian, Jason Nelson s’explique : « J’ai toujours été fasciné par le Rubik’s cube, voyant cette boîte comme une construction sociétale qui démontre comment nous aimons et haïssons les Borgs (Star Trek) et leurs super-technologiques vaisseaux de forme carrée. Avec Six sided strange, je voulais jouer avec cette forme et créer une série de sculptures interactives numériques, d’étranges et multi-dimensionnels espaces narratifs jouant avec la couleur, le mouvement et les monstres pixelisés. Il y a même des récompenses cachées près de combinaisons impossibles. » Hum, bizarrement étonnant, noooooooon ?
Totalement largués, on a donc essayé de comprendre par nous même, via le site de l’artiste Net Art/Digital Poetry Games. Une très mauvaise idée : on apprendra alors que celui-ci n’en est pas à son premier essai, et a déjà signé de nombreux jeux artistiques. Parmi eux, Game, game, game and again game et I made this. You play this. We are enemies, homogènes dans la circonspection qu’ils provoquent chez nous. Et plus récemment Scrape Scraperteeth, une œuvre commandée par la San Francisco Gallery of Modern Art. Pas avare d’explications, l’artiste détaille : « Scraperteeth Gratter, une monstruosité / jeu / poésie artistique, est inspiré par la ville de Gold Coast, en Australie, où j’ai vécu et vaguement enseigné les sept dernières années. [...] Chaque niveau du jeu est une image, un croquis du panorama de la ville. L’idée est simple. Pour voir d’autres bâtiments et une petite partie d’océan, le public est hypnotisé par la négociation de ses futurs revenus afin d’obtenir des petites boites empilées de béton. Le jeu tourne autour de cette folie immobilière. » Cette fois, on a pigé (enfin on croit). Mais cela ne nous explique toujours pas le coup du Rubik’s cube.
Puzzle 6, cela se complique et ne ressemble plus du tout à un Rubik’s cube.
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