L’onde de cash se fait attendre
par Tania Kahn
tags : radio , économie , applications
Les applications des stations musicales sont les grandes gagnantes de cette mutation de la radio sur le smartphone. Dans un contexte général de baisse de l’audience des musicales, les chiffres sont de bon augure : NRJ comptabilise près de 3,5 millions d’applications téléchargées, Fun Radio 2,3 millions, tandis que la généraliste RTL (appartenant au même groupe que Fun Radio) culmine à 1 million de téléchargements. La station publique France Inter en comptabilise 870 000, et Europe 1 750 000. Logique, dira-t-on, les jeunes sont les plus gros consommateurs de ces téléphones intelligents. Au premier semestre 2012, 59,8% des 15-24 ans en sont équipés, et « le taux d’équipement en smartphones progresse plus vite chez les jeunes que chez l’ensemble des utilisateurs de mobile », selon Médiamétrie. Gilles Nay, directeur des activités numériques du pôle News Lagardère, constate lui aussi un rajeunissement de l’audimat d’Europe 1 sur mobile, et ajoute qu’« il y a bien sûr un taux de recouvrement entre la FM et le mobile, mais on observe une consommation nouvelle, un public différent, qui ne venait pas avant. » Jean-Paul Baudecroux, PDG du groupe NRJ, entend également générer une audience nouvelle grâce aux contenus de ses applications. « Nos webradios couvrent tous les formats musicaux, même les plus étroits, et permettent de fédérer des auditeurs nouveaux. Nous diffusons par exemple peu de rap à l’antenne, la webradio NRJ Rap est une manière de s’adresser à ce public nouveau. » Mais ces opportunités d’écoute peinent à se monétiser. « Le marché publicitaire est minuscule, regrette Jean-Paul Baudecroux, c’est le calme plat, on développe ces applications en pure perte financière, pour l’image », poursuit Tristan Jurgensen, directeur général de RTL Net. D’autant que créer une application revient à débourser entre 30 000 et 50 000 euros.Pour l’instant, la manne publicitaire se trouve surtout du côté du flux vidéo. « La publicité vidéo, c’est le vrai phénomène émergent, explique Tristan Jurgensen. Ces contenus se monétisent très bien, parce que les spots diffusés à la télé s’adaptent facilement sur le Net », ajoute Gilles Nay.On comprend mieux la floraison de vidéos sur les applications smartphone des radios. De son côté, le patron du groupe NRJ livre, confiant, son analyse : « Il y a toujours un temps de réponse entre une innovation et sa conversion en investissements publicitaires. Internet est un formidable relais de croissance, les mobinautes sont à un clic des sites marchands. Grâce à la géolocalisation, on peut même savoir où ils se trouvent. Un jour, on saura tout d’eux. » Un vrai rêve de publicitaire. Paru dans Libération du 9 novembre 2012
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