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vendredi 30 novembre 2007 15:28

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Nerdz : « On veut faire rire les geeks, mais aussi nos mères »

par Erwan Cario

tags : série , geek , interview , Nolife

Darkangel64, Caroline, Régis-Robert et Jérôme, les héros de Nerdz - DR

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La télé des geeks, c’est pas une vie

Nolife, chaîne pour les fondus de comics, mangas et jeux vidéo, cherche à se développer.

Ils s’appellent Darkangel64, Régis-Robert, Caroline et Jérôme, et ce sont les héros de Nerdz, un ovni télévisuel qui a vu le jour sur Nolife. Le DVD de la première saison est aujourd’hui disponible et permet de suivre les aventures d’un gamer un poil autiste et de ses colocs. Nerdz est une shortcom, sur le modèle de Caméra Café. Mais rien à voir pour les moyens de production. Nerdz fait dans l’artisanal. On y retrouve l’équipe d’Une case en moins, soit Davy Mourier, Monsieur Poulpe et Didier Richard, association qui, pendant des années, a réalisé des courts métrages complètement barrés inspirés par les super-héros et les jeux vidéo. Entretien avec Didier Richard et Davy Mourier, acteurs et scénaristes de la série.

A quoi ressemblait Nerdz au début du projet ?
Didier Richard : A l’origine, Nerdz devait être un truc très simple, avec une seule caméra, sans vraiment d’équipe de tournage. On se basait sur notre expérience d’Une case en moins. Mais ça n’a pas marché, il a fallu se professionnaliser.
Davy Mourier : Dans notre esprit, on avait pensé faire comme Caméra Café et leur caméra unique. Mais finalement, on était trop loin de la caméra avec trop peu de profondeur. Et un type en train de jouer aux jeux sur son canapé pendant treize épisodes, c’était d’un chiant. Du coup, on a mis deux autres caméras mobiles, pour rythmer la série.

Du coup, les moyens à mettre en œuvre sont différents. Ça a dû coûter plus d’argent...
DM : Non. Ça aurait été le cas si on avait été dans un schéma classique. Mais pour nous, c’est plutôt une histoire de relations, de gens qu’on connaissait. Du coup, Nerdz, c’est la rencontre de plein de gens qui ont envie de faire des trucs. Des étudiants, pour la plupart, qui, en plus, sont venus avec leur matos sur les tournages. Du coup, on a une vraie équipe qui soutient le projet. Mais bénévole.
DR : Ce qui nous coûte le plus cher, c’est de payer à manger à tout le monde pendant le tournage.
DM : maintenant, on a même une script-girl. C’est super important. On ne savait pas ça à l’époque où on faisait nos courts.

Quels sont vos références ?
DM : Joss Whedon, le papa de Buffy, Kevin Smith, Friends, les Simpson, Scrubs. En shortcom française, on est vraiment fans de Kaamelott. Caméra Café pour la réalisation, mais pas vraiment pour le reste.

Pour une série qui s’appelle Nerdz, la série est finalement assez grand public, compréhensible par les non-geeks...
DR : Ça a été notre style depuis toujours, à Une Case en Moins. On faisait des courts basés sur les mangas et les jeux vidéo, mais avec un humour compréhensible par tout le monde. On veut faire rire les geeks, mais on veut aussi faire rire nos mères. Quand on a écrit la série, on s’est jamais dit « là on va mettre un truc geek, là non ». C’était toujours selon la situation...
DM : Je préfère voir les Simpson avec ma mère, et même si on ne rit pas au même moment, on a tous les deux vu la même chose. L’intérêt, c’est vraiment de plaire à plein de gens. C’est une série avec des vrais morceaux de geeks dedans, mais accessible à tout le monde.

A la fin de la saison, vous avez fait un débriefing de ce qui allait et ce qui n’allait pas ?
DM : Ça s’est plutôt passé au cours de la saison. D’une fois à l’autre. Entre le premier et le dernier épisode, ça n’a rien à voir. On a vraiment chercher à tout améliorer. Les cadrages, le grain d’image, la lumière, les dialogues, etc. On travaillait beaucoup entre les séances de tournage. Du coup, sur le DVD, on voit vraiment l’évolution.

Qu’est-ce que cette expérience vous a appris ?
DM : Qu’on ne peut plus vraiment improviser comme avant. Mis à part quelques gags de fin, parfois.
DR : Et on s’est aussi imposés une trame de fond. Du coup, il y a des épisodes qui font avancer l’histoire, qui sont peut-être un peu moins drôles, mais qui amènent des situations dans les épisodes suivants. On est obligé de gérer un scénario sur l’ensemble d’une saison.
DM : Un autre truc qu’on a découvert, c’est la gestion du temps. Avant, entre le moment où on avait une idée et le moment où la vidéo était prête, il n’y avait presque aucun délai. Et moi, j’adore quand ça va vite. Maintenant, plus on fait du pro, plus on perd du temps. Un épisode de 5 minutes, c’est hallucinant, le temps que ça prend. Alors que ce que j’aime, c’est écrire, jouer, faire rire. Et on ne peut plus se contenter de ça.

Ça vous donne envie d’aller plus loin ?
DR : On est des boulimiques de travail, on ne risque pas de s’arrêter là !
DM : Et on a notre DVD maintenant, c’est dingue ! Avec marqué « Série télé » dessus ! L’idée de devenir plus pro, c’est évidemment gagner de l’argent avec ça, ce qui est encore loin d’être le cas. Mais aussi déléguer pas mal de tâches qu’on est obligés de faire en ce moment. On aimerait se concentrer sur les rôles de scénaristes et d’acteurs. Même si, au final, je voudrai toujours mettre mon nez partout. Après, se frotter au milieu de l’audiovisuel, ça ne fait pas envie. On connaît un peu et c’est plein de gros cons avides de fric, et ça fait un peu peur de se frotter à ces gens-là. Pour ça, on est vraiment super bien à Nolife.

Le modèle de production de Nerdz, artisanal et bénévole, peut durer combien de temps ?
DR : Ça dépend. Nous, on dure depuis 11 ans sur ce système. Après, ça ne peut pas durer toute la vie.
DM : On a cette chance là d’être complètement geeks et obnubilés par ces choses-là. Et on a pas de vie de famille à côté. Si ça arrive, il faudra peut-être choisir.
DR : Mais pour l’instant, ça nous convient. C’est même vital de continuer.

Et dans 5 ans ?
DR : Dans 5 ans, la Warner a racheté les droits de la série, c’est Joss Whedon qui réalise, il nous a engagé comme acteurs et co-scénaristes, avec des guests comme Kevin Smith.
DM : Et à part ça, on ne peut pas savoir. Avec tout ce qui s’est passé rien que cette année, difficile de prévoir la suite.

Nerdz, saison 1 ,
Kaze Animation,
18 €.

A lire également sur Ecrans.fr :

- La télé des geeks, c’est pas une vie


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