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vendredi 8 avril 2011 13:22

  • internet

La CNIL fait le pressing pour le nettoyage high-tech

par Virginie Malbos

tags : moteurs de recherche , vie privée , CNIL , droit à l’oubli

CC BY denharsh

Taper son nom dans un moteur de recherche, c’est un peu feuilleter l’album de sa vie sur Internet. Manque de bol pour certains, ce que l’on trouve peut faire regretter de ne pas avoir réfléchi un peu plus avant de taper sur son clavier. Face au problème que posent ces « informations nuisant à votre image ou à votre réputation », la Commission nationale de l’informatique et des libertés a décidé de publier un guide détaillant en deux étapes la marche à suivre pour les effacer. Des démarches qui ne s’avéreront pas forcément simples à mettre en œuvre.

Logiquement, la première étape consiste à contacter le responsable du site afin qu’il enlève le contenu jugé superflu, que les robots d’indexation des moteurs relèvent à chaque visite. La CNIL suggère de trouver son identité, dans le meilleur des cas, via les mentions légales ou les conditions générales d’utilisation du site, souvent situées en bas de page. En leur absence, il faudra aller chercher dans la base de données whois, en croisant les doigts pour trouver un nom. Mais ce qu’elle ne précise pas, c’est que dans de nombreux cas, les informations recherchées ne figurent pas sur ce site : les hébergeurs choisissant parfois de ne pas les fournir. De plus, un nom déclaré peut aussi s’avérer factice, de même que les coordonnées postales. Autre point non négligeable, et laissé de côté par la Commission, l’envoi d’un mail résumant la situation suffit parfois à tout régler, et à éviter de telles procédures.

Si ce n’est pas le cas, et si par bonheur l’interlocuteur est connu, il reste donc à lui écrire une lettre. La CNIL propose des courriers type qui devront être complétés, en précisant en quoi la présence de ces informations nuisent à la vie privée ou à la réputation. Une fois le courrier reçu, le propriétaire du site aura deux mois pour retirer les informations, avant que l’internaute ne puisse porter plainte en s’adressant à la CNIL.

Mais ce combat terminé, tout n’est pas fini. Le nom et les informations peuvent encore apparaître durant plusieurs semaines sur les moteurs de recherche. La Commission invite donc contacter les moteurs afin qu’ils suppriment leur cache. Une opération pas toujours évidente en réalité, et qui varie selon les plateformes. Du côté de Google, il faut posséder un compte pour faire sa requête, alors que chez Bing il faut regrouper ses arguments et remplir un formulaire. Chez Yahoo, pas la peine d’essayer. Il faudra attendre que le moteur efface de lui même le cache obsolète, la firme « n’ayant pas les moyens de valider une par une les demandes de désindexation ».

Le guide de la CNIL censé simplifier la tâche des Internautes dévoile un système complexe, face auquel le plus simple reste sans doute de faire attention. D’autant que les démarches ne concernent que les moteurs de recherche. Face aux réseaux sociaux, régler une telle situation semble encore plus ardue. De quoi justifier, peut-être, un prochain guide de la CNIL, alors qu’Alex Türk, son président expliquait hier à l’AFP que « l’exercice de nos libertés individuelles, la protection de notre intimité et de notre identité, sont réellement en danger ».


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