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samedi 22 décembre 2007 07:45

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La Gaîté lyrique retrouve le sourire

Une fois rénové, le bâtiment parisien deviendra en 2010 un centre dédié aux arts numériques.

par Marie Lechner

tag : art numérique

DR. La Gaîté lyrique, 3 bis rue Papin, dans le IIIe arrondissement

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Jérôme Delormas, 45 ans, nouveau directeur de la Gaîté.

La malédiction qui plane sur la Gaîté lyrique va-t-elle enfin être levée ? Le lieu cristallise fantasmes et polémiques. Ancien temple de l’opérette, que dirigea Offenbach, repaire de Luis Mariano, le théâtre à l’italienne fut métamorphosé en un éphémère parc d’attraction couvert, avant que l’aventure Planète magique ne vire à la « Planète tragique », selon le sobriquet en vogue alors, d’après l’actuel maire du IIIe arrondissement. Véritable fiasco, le parc imaginé par Jean Chalopin n’ouvrira qu’une quinzaine de jours avant de faire faillite.

Depuis 1989, le lieu était fermé au public, jusqu’à la première édition de la Nuit blanche en 2002. Les Parisiens éberlués rédécouvrent alors ce Luna Park désolé, hanté par l’Inspecteur Gadget, Ulysse 31 et autres mystérieuses Cités d’or. La ville de Paris s’engage en 2001 à en faire un centre dédié aux musiques actuelles et aux arts numériques et charge l’équipe de Pierre Bongiovanni, ancien directeur du CICV (Centre international de la création vidéo), de la préfiguration. La Gaîté lyrique sort temporairement de son coma : concert, expositions, installations draînent près de 18 500 visiteurs entre 2002 et 2004. Avant un nouvel enlisement…

La date d’ouverture, fixée initialement au 16 mars 2008 (soit lors du second tour des élections municipales), est reportée au printemps 2010. Un retard dû à quelques problèmes d’insonorisation du bâtiment, justifiait mercredi l’adjoint délégué à la Culture, Christophe Girard, réaffirmant l’engagement de la Ville lors d’une conférence de presse sur le chantier et la volonté de faire de la Gaîté un acteur majeur des arts numériques au plan international.

Les travaux, qui devraient coûter 78,6 millions d’euros à la ville (dont 9,9 millions versés par la région) ont débuté en septembre sous la direction de l’architecte Manuelle Gautrand. Ils devraient s’achever en novembre 2009. D’ici là, le bâtiment éventré, débarrassé des vestiges du parc d’attraction, s’organiserait autour de trois volumes majeurs : une salle de spectacle, un théâtre des médias et une salle de conférences qui seront enveloppés par des espaces « perméables » et « flexibles » (lieux de travail pour les artistes, boutique, médiathèque, galerie d’exposition, foyer, café).

« Ce sera un lieu transversal, capable de s’adapter, qui correspond aux pratiques artistiques actuelles », explique l’architecte. Le Conseil de Paris a également officialisé le 18 décembre l’équipe chargée du projet culturel, évinçant dans le round final le trio Frédéric Olivennes (Radio Classique), Gérard Pangon (Télérama) et Nicolas Bourriaud (ex-directeur du Palais de Tokyo) au profit de Patrick Zelnik (directeur du label indépendant Naïve), Steven Hearn, spécialiste de l’ingénierie culturelle (directeur du Troisième Pôle), et Jérôme Delormas, directeur général de la Gaîté, actuellement directeur du Lux, scène nationale de Valence dédiée à l’image. Ce mélange entre personnalités issues du privé et du public s’appliquerait aussi dans le financement du lieu. Sur les 9,5 millions du budget annuel de fonctionnement, la ville de Paris participera à hauteur de 5,25 millions.

A lire également :
- « Ce sera un lieu de connexion » (22/12/2007)


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