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mardi 2 novembre 2010 10:19

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La NBA à l’ère Jordan

par Erwan Cario

tag : sports

NBA 2K11. DR

Dès les premières notes de Sirius, morceau mémorable d’Alan Parson Project, le joueur adepte de basket version NBA jubile. Il sait où il est. Il sait surtout à quelle période il se trouve. C’est la musique d’introduction du United Center des Chicago Bulls durant les années 90, lorsque les plus grandes stars de l’époque foulaient le parquet.

Ce sont les premières minutes de jeu. Le joueur, qui vient de lancer pour la première fois NBA 2K11, a juste appuyé une fois sur le bouton « start ». Pas de menu, pas de choix proposé entre un match simple ou le lancement d’une saison entière. Juste cinq hommes de dos, à contre-jour. Puis quatre. Puis trois, deux, et enfin, il n’en reste plus qu’un. Un peu de lumière, juste pour découvrir ce numéro 23. Il se retourne : « Are you ready ? » (« Etes-vous prêt ? »). Hein ? Prêt ? Mais Prêt à quoi ? Il s’avance. Nous sommes dans le couloir des vestiaires. La musique monte en puissance. Le public hurle. Et le speaker, Ray Clay, d’annoncer de sa voix tonitruante : « Frommmm North Carolina… at guard… 6’ 6’’… Michaaaael Jordan ! » Nous sommes en 1991. C’est la première rencontre de la finale contre les Lakers de Magic Johnson. Et le match commence.

L’introduction de NBA 2K11 met la barre très haut. C’est sans doute la plus impressionnante à ce jour. La plus intimidante aussi, car il faut prendre les commandes du meilleur joueur de l’histoire face à une autre légende du basket. Heureusement, les mécanismes de bases d’un jeu de basket n’ont pas tellement changé avec les années. Un bouton pour le tir, un pour la passe, un pour le saut et la gâchette droite pour le sprint. Il faudra par la suite apprendre les feintes, les dribbles, les écrans et les prises à deux, mais pour l’instant, ça devrait suffire. Une lourde défaite plus tard (ça n’a pas suffi), le menu apparaît.

Et il ne faut pas bien longtemps pour comprendre que cette mise en bouche jouissive est à l’image de ce que propose le nouveau titre de Take Two. Matchs rapides, saison à la tête d’une franchise actuelle, concours de dunks et de 3 points, etc. L’indispensable est évidemment bien présent. C’est le tronc commun de tout jeu labellisé NBA depuis NBA Live 95 (certains puristes remonteront peut-être à 1989 et la sortie de Lakers vs Celtics pour dater les origines du jeu de basket de l’ère moderne). Les mécanismes de jeu sont réglés au millimètre, mais très exigeants. Il faut dompter le pad et réussir à développer un instinct gamer pour pouvoir jongler avec les combinaisons de boutons sans même y penser. C’est une des caractéristiques de la série NBA 2K qui a vite pris une place équivalente à celle qu’occupe Pro Evolution Soccer dans les jeux de foot : concurrent sans concession et moins bling-bling de la série star développée par Electronic Arts (NBA Live pour l’un, Fifa pour l’autre).

Mais quand, à cette pureté du gameplay, on ajoute les étincelles d’un certain Michael Jordan, on obtient un bijou ludique inédit. NBA 2K11 joue bien sûr sur la fibre nostalgique des amateurs de basket américain ayant connu le début des années 90, mais il ne se contente pas de s’appuyer sur l’image de Jordan. Le titre est dédié à la carrière de « His Airness » et, au-delà, à toute cette époque marquante des premières grandes stars internationales de la NBA (en gros, les membres de la Dream Team des Jeux olympiques de Barcelone en 1992).

Le joueur aura donc vite fait de se jeter sur les « Défis Jordan » où il devra réaliser les dix performances marquantes du sportif. Des matchs mythiques avec leurs scores vertigineux aux situations d’exception. Comme cette cinquième rencontre de la finale 1997 où Jordan, malade comme un chien, réussit à planter 38 points et à arracher la victoire face à Utah. Et ce ne sont plus de simples matchs sur console, ce sont des reconstitutions historiques. Les commentaires (toujours en VO) sont spécialement enregistrés pour chacun des défis et certains gestes de la star sont reproduits fidèlement. Ainsi, lorsque le joueur arrive à rentrer son sixième 3 points en une mi-temps lors de la finale 1992 face aux Portland Trail Blazers de Clyde Drexler, Jordan se retourne et, face à la caméra, fait ce haussement d’épaule façon « j’y peux rien » qui marqua tous les téléspectateurs. Ce souci du détail récurrent ne cesse d’émerveiller.

Il faudrait aussi évoquer ici l’excellent mode « mon joueur », qui permet de créer et de faire progresser son propre sportif, ou encore la possibilité de mettre à jour en ligne les effectifs et les futurs espoirs. Mais on arriverait immanquablement à la même conclusion : NBA 2K11 semble avoir fait le tour de la question concernant le jeu vidéo de basket. Et devient sans peine la nouvelle référence du genre. Problème, il en faudra un autre dès l’année prochaine. Et, sans Jordan, il sera très difficile de faire aussi bien. Un peu comme pour la vraie NBA, somme toute.

Paru dans Libération du 29 octobre 2010


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