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mardi 16 décembre 2008 11:22

  • télévision

La NHK, sans pub et avec reproches

L’audiovisuel public japonais est critiqué pour la médiocrité de ses programmes.

par Michel Temman

tag : Japon

La NHK à Osaka - CC Jim G

TOKYO, de notre correspondant

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L’Assemblée a adopté les taxes censées compenser la suppression de la réclame.

Devinette  : je suis apparue en 1925 et depuis, aucune publicité, aucun sponsor, pas le moindre annonceur n’est ­admis sur mes écrans. Des millions de foyers paient ma redevance, parfois à contrecœur. Quant à mon budget ­annuel (plus de 5 milliards d’euros), il est approuvé par le Parlement. Qui suis-je  ? La NHK pardi, le France ­Télévisions nippon, premier empire audiovisuel public du Japon (9 000 employés).

Vénérable institution, la NHK (pour « Nippon Hoso Kyokai ») coiffe plusieurs chaînes  : la NHK 1, la « Une » (généraliste, qui diffuse vingt heures sur vingt-quatre), la NHK 3, la « Trois » (éducative et culturelle, apparue en 1959, qui coupe ses programmes à minuit), et trois autres chaînes par satellite (BS1, info et sport  ; BS2, culture et divertissement, BS-HI en haute définition). Mais la NHK, c’est encore deux radios et une myriade de filiales comme NHK Enterprises (qui produit 8 000 programmes par an). Liste non exhaustive puisqu’une nouvelle filiale vient d’être créée, JIB TV, qui lancera le 1er février 2009 la première chaîne d’info continue japonaise. Elle diffusera en anglais, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et ­espère fidéliser 110 millions de téléspectateurs sur cinq continents. Rien de moins !

Sauf que dans un Japon où la bataille de l’audiovisuel se joue aussi entre les chaînes câblées et les grandes chaînes privées (Asahi TV, Fuji TV, ­Nippon TV, TBS, TV Tokyo), cette boulimie d’acti­vités (fort coûteuses) dans l’audiovisuel public étonne. Car depuis au moins dix ans, la NHK n’a plus les moyens de ses ambitions. Elle fait face à la plus grave crise de son histoire : gestion ­défectueuse, scandales à répétition, ­démission de ses présidents, affaires de détournement de redevances, de fausses factures, de notes de frais truquées, de délits boursiers…

Serait-elle sauvée par la qualité de ses programmes  ? A peine  ! Ses grilles sont controversées. Si près de 35 millions de foyers s’acquittent de la redevance (123 euros par an) – qui constitue 95 % de son budget –, un million de Japonais en colère, jugeant la somme trop élevée, critiquant la médiocrité des programmes ou le manque d’indépendance de la chaîne, refusaient encore d’honorer la taxe l’an passé. Les revenus tirés de la redevance semblent ­repartir à la hausse. Mais la fronde des téléspectateurs mécontents continue. « La situation de la chaîne publique NHK constitue un épineux problème. Outre sa périlleuse santé financière, sa grande difficulté est de ne pas connaître de concurrence interne », confie le cinéaste ­Takeshi Kitano, producteur et animateur de huit émissions sur les chaînes privées concurrentes.

Le ministère nippon des Télécommunications avait proposé, il y a deux ans, une cure à la NHK  : aban­donner deux de ses chaînes satellites, leurs programmes étant jugés « redondants ». Les dirigeants ont refusé mais lui ont imposé un plan d’économies ­interne de trois ans, censé lui faire économiser 80 millions d’euros. Résultat  : un millier d’emplois (10 % des effectifs) supprimés depuis 2006. Premières victimes  : les journalistes, les techniciens et les directeurs des programmes.


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