mardi 16 décembre 2008 18:11
« La bande-son doit traduire l’époque »
Ivan Hanley est responsable du catalogue musique chez Rockstar, éditeur de jeux.
par Bruno Icher
tag : musique
Midnight Club Los Angeles - DR
Ivan Hanley est responsable du catalogue musique chez Rockstar, l’éditeur de la saga Grand Theft Auto (GTA), dont l’opus 4 est sorti au printemps. Ces titres, tout comme Midnight Club, sorti lui en novembre, contient des dizaines de morceaux originaux, tubes anciens ou nouveautés pas encore gravés sur CD. Il revient sur l’évolution des relations entre les industries du jeu et de la musique. Pourquoi le studio Rockstar a-t-il toujours apporté un soin particulier à la musique ?
Mais vous insérez aussi beaucoup de vieux morceaux ?
Cela doit coûter très cher ?
Cela signifie que les éditeurs de jeu vont-ils devenir des labels de musique ?
C’est une dimension essentielle du jeu. Nous avons été un des premiers à choisir des morceaux et des groupes très pointus pour accompagner les jeux. Pas seulement des classiques ou des tubes, mais une musique qui soit susceptible de renforcer l’ambiance mise en place dans le jeu. Comme dans le cinéma. La série des GTA, qui s’étale dans le temps, bénéficie d’une bande-son qui doit traduire l’époque à laquelle nous nous trouvons. Vice City, sorti deux ans après GTA 3, se situait au cœur des années 80, avec tous les tubes de l’époque. Le principe était le même pour San Andreas qui avait lieu en Californie dans les années 90, avec toute une mouvance hip-hop caractéristique. Pour GTA 4 qui se déroule aujourd’hui avec près d’une centaine de morceaux contemporains.
Le principe est exactement le même que celui de la radio. Dans la série des GTA, la musique se déclenche dès que le personnage principal monte dans un véhicule. Ensuite, selon ses goûts, il choisit la station qui lui correspond le mieux. Dans GTA 4, nous avons dix-huit stations disponibles, certaines diffusant de la musique classique, de l’opéra, du jazz, d’autres avec une programmation de rock, rap, électro, pop ou disco.
Il faut bien payer les droits. Toutefois, les jeunes musiciens ont tous compris à quel point un jeu vidéo qui se vend à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires, voire à des millions, peut servir leur carrière s’ils font partie de la bande-son.
Quels sont vos rapports aujourd’hui avec l’industrie de la musique ?
Les choses ont beaucoup changé en une dizaine d’années. Il ne fait plus de doutes que le jeu vidéo est désormais à la pointe de l’industrie du divertissement. Il est une combinaison des autres disciplines et désormais nous cherchons de nouveaux talents au même titre que les labels.
C’est un tôt pour le dire mais pourquoi pas ? La question a du sens dans la mesure où nous sommes dans une position très forte. Aujourd’hui, il faut surtout rester attentifs aux évolutions de ce secteur. Par exemple la consommation de musique en streaming ou le téléchargement sur des plates-formes musicales et d’autres que nous n’avons pas encore imaginé. La seule chose dont nous sommes sûrs, c’est que les modèles vont évoluer.
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