La crise de nerd
par Professeur Scrine (recueilli par Stéphanie Estournet)
tags : geek , Professeur Scrine
Alors que de nouveaux navigateurs font ici et là leur apparition, on me demande encore – plus ou moins ouvertement, il est vrai –, des précisions langagières : « Professeur, le geek est-il un partenaire de jeu envisageable pour... enfin vous voyez ce que je veux dire ? » (Fredo Siricky, surfeur pourvu) ; « Après trois heures d’ordinateur avec mon petit-fils j’ai fait une crise de nerd, est-ce grave, docteur ? » (Alice, grand-mère moderne). Comme dans la vraie vie, la Toile a, elle aussi, ses populations spécifiques, « borders » voire « déviants », pour certains, ils sont souvent jeunes et célibataires, initiés très tôt aux jeux et à
l’Internet. Les geeks ont, eux, des centres d’intérêt qui tournent autour du Net, des jeux vidéo, de la culture manga. Ils connaissent par coeur Counter-Strike, le Studio Ghibli et Cowboy Bebop et fonctionnent en réseaux, virtuels ou non, d’« amis » partageant les mêmes passions. Le nerd, lui, est considéré comme socialement handicapé, à l’image de son homologue japonais le hikikomori. Coincé derrière sa machine, on dit qu’il ne sent pas bon, mange mal, souffre des yeux à force de se les coller à l’écran de son PC, et jouit d’un certain talent concernant l’utilisation de sa machine. Les nerds appartiennent à la catégorie des no-life (ceux qui n’ont pas de vie, encore appelés GAL, Get-a-life ou « trouve-toi une vie ») qui concerne les légumisés des jeux et/ou de la Toile. La critique est aisée, et vous trouverez sans que j’aie à vous les souffler, de nombreuses pages condamnant geeks et nerds. Que celui qui n’a jamais été couch-potatoe leur jette la première pierre. Vous voilà prévenu. Bonne semaine sur vos écrans.
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