mardi 16 mars 2010 18:10
« La guerre de l’eau… » à la source des tensions
par Guillaume Launay
tags : documentaire , Arte
DR
A contre-courant suivi de La stratégie de la goutte d’eau
de Vassili Silovic et Sylvie Briet
Arte, ce soir, à partir de 20 h 35.
L’eau comme un miroir des sociétés, c’est le prisme de cette Thema d’Arte, intitulée La guerre de l’eau n’aura pas lieu, composée de deux documentaires coécrits par Vassili Silovic et Sylvie Briet (ancienne journaliste à Libération) et diffusée à quelques jours de la Journée mondiale de l’eau (le 22 mars). Le premier, À contre-courant, tente d’aller au-delà des idées toutes faites sur les « guerres de l’eau » à venir. Pour les auteurs, la problématique n’est pas tant le manque de ressources en quantité mais leur inégale répartition entre régions, communautés, riches et pauvres, ruraux et urbains. Plus que de conflits armés, l’« or bleu » est surtout source de tensions politiques, économiques et sociales et sa gestion un révélateur de l’état d’un pays et des relations entre ses habitants, en Espagne comme au Mali ou au Mexique. Le cas de Mexico est ainsi emblématique. La capitale mexicaine doit à la fois faire face à un besoin croissant d’eau, lié à sa démographie, et à une menace d’inondation due à sa topographie. L’histoire s’en mêle : après avoir passé des siècles à assécher lacs et marais de l’ancienne cité aztèque, les autorités font désormais venir de l’eau de plusieurs dizaines de kilomètres. Un travail d’ingénieurs spectaculaire, qui s’en va puiser la ressource… sur des territoires indiens. Et c’est le dossier sensible des relations entre communautés dans le pays qui resurgit. Mais le film nous emmène aussi plus près de nous, dans le nord de la France, où il apparaît que le développement de Dunkerque et la culture du cresson dans la région de Saint-Omer doivent se partager la même ressource, non sans tiraillements. Le second documentaire, la Stratégie de la goutte d’eau, s’attarde plus longuement sur le cas très éclairant de Singapour, dépendant de la Malaisie voisine pour une partie de son approvisionnement, et où la gestion de l’eau est devenue une politique publique stratégique, entre prouesses techniques, indépendance économique et autoritarisme politique. Paru dans Libération du 16 mars 2010
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