mardi 13 septembre 2011 11:47
La guerre sociale est déclarée
par Olivier Séguret
tags : réseau social , facebook , Moi jeux
/ DR
Pour la critique, le « social gaming » reste un défi, mais pour l’industrie, c’est l’Eldorado. L’appellation désigne les jeux pratiqués en ligne sur les réseaux sociaux, notoirement Facebook, et dont le studio californien Zynga s’est fait une spécialité, notamment avec ses deux hits, jusqu’ici les plus populaires de la Toile, FarmVille et CityVille. Les grands studios traditionnels, orientés vers un modèle économique aux plus grosses marges, celui des consoles, ont sauté dans le train du social gaming en marche. Le numéro 2 de l’industrie, Electronic Arts (EA), vient de faire une entrée spectaculaire sur ce marché avec sa licence phare, les Sims, décliné en The Sims Social par le développeur spécialisé Playfish. Moins d’un mois après son lancement, le jeu est déjà numéro 2 sur Facebook, avec plus de 9 millions d’utilisateurs quotidiens, derrière CityVille (13,9 millions), mais devant FarmVille (8,1 millions). Si l’on veut bien se souvenir que, avant de faire abondamment fructifier la licence Sims, rachetée avec le studio Maxis, la simulation vedette d’Electronic Arts était SimCity, on peut se demander ce qui retiendrait le studio de produire, dans un proche avenir, un concurrent direct de CityVille, descendant « social » du concept de simulation urbaine inventé par Will Wright. SimCity étant laissé en déshérence depuis bientôt dix ans, on en viendrait presqu’à souhaiter qu’il trouve là une occasion de renaissance. Le meilleur ennemi de EA reste à ce jour l’autre colosse, Activision, qui n’a pas encore dégainé sur le champ dit social, mais communique beaucoup sur un investissement connexe : son service Elite, serveur autonome et multiplate-formes (consoles, web browsers, tablettes et smartphones) visant à aspirer la communauté des joueurs de Call of Duty. On prête à Activision de fourbir en coulisses une stratégie offensive sur le social gaming, devenu stratégique pour toute l’industrie : un rachat n’est pas à écarter, même si les proies sont devenues plus rares et plus chères. Ou alors faire appel à l’expérience interne de Blizzard, bien informé du comportement des joueurs en ligne, et qui annonce introduire de nombreuses fonctions « sociales » (une boutique d’enchères, par exemple) dans son très attendu Diablo 3. Paru dans Libération le lundi 12 septembre 2011.
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