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mercredi 29 juillet 2009 17:32

  • cinéma

« La-haut », monts et vermeil

Le dernier-né de chez Pixar aborde avec intelligence la vieillesse et la mort.

par Bruno Icher

tag : animation

Là-haut, de Pete Docter et Bob Peterson. 1 h 35.

Il n’est pas très fréquent que l’on croise dans un film d’animation, qui plus est très grand public comme tout projet estampillé Pixar, la mort comme sujet central et un vieillard atrabilaire comme personnage principal. Certes, cela ne suffit pas à faire de Là-haut un bon film, mais voilà déjà une démonstration édifiante de l’anticonformisme particulier qui habite le studio californien.

Un certain courage éditorial qui a un prix sonnant et trébuchant, ainsi que l’ont souligné les marketeurs qui ont accompagné ce film. Des mois avant le lancement, ils sonnaient le tocsin, épouvantés à la perspective de ­devoir fourguer aux bambins amateurs de produits dérivés, des peluches d’un ancêtre chenu avec pour gadgets un déambulateur, un dentier amovible ou même, peut-être, une incontinence urinaire.

Une inquiétude compréhensible qui, finalement, provoque d’emblée curiosité et sympathie à l’égard de la nouvelle production Pixar. Or, Là-haut n’est pas seulement une tentative un peu bravache de rompre avec la bible habituelle des dessins animés à base ­d’enfants futés ou d’animaux a-do-rables. Pourtant, il y en a, avec un jeune scout aux airs eurasiens frappé d’embonpoint et un chien doté d’un collier électronique qui traduit ses aboiements en paroles intelligibles et poilantes.

DR

Ce n’est pas tout. Là-haut parle surtout des misères banales mais majeures de la vie, qui conduit un petit garçon qui rêve d’aventures à finir misérablement sa vie, seul et fauché, dans une baraque poussiéreuse menacée par des promoteurs immobiliers. A cet égard, la première demi-heure du film, extraordinairement mélancolique, montre, dans un long flash-back sans dialogue, le petit garçon devenu grand et sa femme qui affrontent tous les renoncements de la vie  : l’impossibilité d’avoir un enfant, la modestie de leur existence qui érode doucement mais sûrement les rêves de voyages exotiques, la vieillesse qui s’installe puis, enfin, la mort de la femme le laissant seul avec de pauvres souvenirs et des rhumatismes carabinés… jusqu’à l’irruption dans le paysage du petit scout enveloppé.

L’affaire est remarquablement menée puisque l’aventure, la vraie, avec voyage périlleux, créatures fabuleuses, paysages tourmentés et méchant de haute tenue (le tout dans un doux relief) ne commence qu’à partir de ce moment-là. Et ce n’est rien de dire que l’on est prêt à partir au bout du monde avec ce pauvre type qui, avant d’avoir été un vieil emmerdeur, était un môme rigolo qui aurait bien mérité qu’un film raconte ses aventures.

Paru dans Libération du 29 juillet 2009


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