jeudi 18 décembre 2008 11:59
La loi votée serrée
Télé sans pub. L’Assemblée a adopté hier la réforme Sarkozy.
par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos
tags : politique , économie , France Télévisions , loi sur l’audiovisuel , Télé sans pub
Au premier round de la loi sur l’audiovisuel, l’UMP s’en tire, mais sans gloire. Hier, la réforme décrétée par Nicolas Sarkozy a été adoptée à l’Assemblée nationale au terme d’un scrutin serré : 293 voix pour, 242 contre. L’opposition a fait le plein, rejointe par des voix de la majorité : 6 de l’UMP et 10 élus du Nouveau Centre qui, pour la première fois depuis l’élection de Sarkozy, lui fait faux bond. Au rang des « Je dis rien mais j’en pense pas moins » à l’UMP, 6 députés se sont abstenus, dont François Baroin ou Gilles Carrez. En attendant les deuxième et troisième rounds (le Sénat dès le 7 janvier, puis le Conseil constitutionnel), la loi a été adoptée telle que Sarkozy l’exigeait. Les chaînes privées seront taxées à hauteur de 1,5 % de leurs recettes publicitaires. En échange, les cadeaux sont somptuaires : allongement de la durée et du volume de la pub, seconde coupure dans les films et fictions, placement de produits (Renault paiera pour figurer dans une série). Les fournisseurs d’accès à Internet s’acquitteront d’une taxe de 0,9 % sur leur chiffre d’affaires. Le tout ne rapportera pas les 450 millions d’euros prévus pour compenser la fin de la pub, mais le gouvernement a juré-craché qu’ils étaient garantis. Voilà France Télévisions dépendant désormais du bon vouloir de l’état pour ses finances... et pour sa présidence aussi. C’est l’autre volet, très décrié, de la loi : la nomination et la révocation du patron de France Télévisions, suivant le bon plaisir du président de la République. Un fonctionnement inauguré avant même la loi puisque Patrick de Carolis a été contraint par le gouvernement d’entériner lui-même la fin de la pub dès le 5 janvier après 20 heures sur les antennes publiques. La date fatidique sera saluée en grandes pompes par une grève à France 3 à l’appel de sept syndicats. Hier, lors d’un comité d’entreprise à France Télévisions, Carolis a fait cette déclaration : « J’ai décidé de prendre soin du bateau coûte que coûte. » Paru dans Libération du 18 décembre 2008
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